«Jamais le service social de Lausanne n’aura été confronté à un tel choc.» La nouvelle communiquée mercredi par la municipalité du chef-lieu vaudois transpire la crainte, tant pour les finances communales que cantonales. La Ville prévoit que 700 ménages en fin de droit de chômage feront appel à son service d’aide sociale le 1er avril prochain. La raison: la révision de l’assurance chômage votée en septembre 2010 par le peuple suisse et qui prévoit notamment une diminution de la durée des prestations chômage. Cette situation est loin d’être isolée, puisque d’autres régions, comme Genève et Neuchâtel, sont également touchées.

Selon le Service social de la Ville de Lausanne (SSL), le coût de cette révision avoisine les 15 à 20 millions de francs pour le canton de Vaud. L’aide sociale est versée par le canton, puis prise en charge pour moitié par les communes par l’intermédiaire de la «facture sociale».

«Actuellement, 5000 ménages lausannois bénéficient du Revenu d’insertion (RI)», explique Michel Cornut, chef du service social. «Il faudra y ajouter dès avril ces 700 ménages supplémentaires. Chaque ménage compte en moyenne 1,8 personne.» Dès lors, la Ville doit revoir à la hausse le personnel, en engageant 12 personnes, et la taille des locaux du SSL. La Municipalité a présenté mercredi un préavis de 1,059 million de francs, que le Conseil communal (parlement) doit encore avaliser.

800 personnes à Genève

Dans le canton de Genève, c’est l’Hospice général qui s’occupe de l’aide sociale. «Ce sont plus ou moins 800 personnes qui devraient être touchées par la diminution des prestations le 1er avril», explique son porte-parole, Benard Manguin. Au total, une quinzaine de personnes ont été engagées pour y faire face et les locaux du service du revenu minimum cantonal d’aide sociale ont aussi été agrandis.

Conseiller aux Etats socialiste, le Neuchâtelois Didier Berberat estime de son côté qu’entre 1500 et 1700 personnes quitteront le chômage en avril dans son canton. «C’est un élément que nous avions mis en avant durant la campagne en 2010», ajoute celui qui a aussi dirigé pendant 10 ans les Affaires sociales de La Chaux-de-Fonds. «C’est un phénomène déjà observé après les précédentes révisions de l’assurance chômage. On le remarque avant tout dans les régions avec un chômage plus élevé qu’ailleurs, comme Genève, Vaud, Neuchâtel et le Jura.»