Les villes ont de quoi se sentir flouées. Ce dimanche, la quasi-totalité d’entre elles ont dit oui à l’initiative «Entreprises responsables». Le vote des plus grandes, comme Berne, Zurich, Bâle, Genève et Lausanne, était attendu. Mais les plus petites cités se sont également alignées pour approuver le texte demandant un contrôle renforcé sur les activités des sociétés suisses à l’étranger: Coire, Schaffhouse, Soleure, Olten, Fribourg, Lucerne ou encore Saint-Gall. Cela n’a cependant pas suffi. Bien qu’approuvée par la majorité de la population, l’initiative a échoué faute d’obtenir la majorité des cantons.

Les Appenzellois prennent le pouvoir

Cette situation scandalise le conseiller national vaudois Roger Nordmann: «C’est un avantage concurrentiel structurel pour les forces conservatrices, qui permet de bloquer les avancées progressistes. C’est un quasi-droit de veto.» S’il peut comprendre la volonté de protéger les petits cantons ruraux qui a prévalu au XIXe siècle, celle-ci est selon lui devenue anachronique dans un pays plus uniforme, où l’identité cantonale a perdu de son importance: «En 1850, un citoyen d’Appenzell Rhodes-Intérieur avait 11 fois plus de poids qu’un Zurichois. Aujourd’hui, avec le développement démographique, ce rapport est monté à 1 pour 44.»