Genève 

Vincent Maitre et Mauro Poggia s’affrontent autour d’Uber

Le député PDC est l’avocat de plusieurs chauffeurs qui se battent pour conserver leur statut d’indépendant. Pour le conseiller d’Etat responsable de la Sécurité, de l’Emploi et de la Santé, Uber ne respecte pas la loi

Nouvel épisode dans le bras de fer qui oppose Uber à l’Etat de Genève. Alors que les dernières salves ont eu lieu la semaine dernière par vidéos interposées, des chauffeurs Uber ont déposé, ce mercredi après-midi, une pétition au Grand Conseil. Munie de quelque 510 signatures, celle-ci demande explicitement à Mauro Poggia, conseiller d’Etat responsable du Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé, de maintenir leur indépendance. Sur la scène politique, c’est Vincent Maitre, député PDC et avocat de plusieurs chauffeurs, qui donne la réplique.

Au cœur du conflit: le statut juridique des chauffeurs et le paiement de leurs cotisations sociales. Depuis son arrivée à Genève, Uber martèle qu’elle n’est qu’une plateforme destinée à mettre en relation des chauffeurs et des clients. Mauro Poggia la considère au contraire comme un employeur qui refuse d’endosser ses responsabilités sociales et précarise ainsi ses collaborateurs. Un ultimatum a été donné à la société américaine: soit elle fournit une couverture sociale aux quelque 800 chauffeurs exerçant à Genève, soit elle vérifie qu’ils sont bien reconnus comme indépendants et cotisent en conséquence. Face à l’inquiétude des chauffeurs qui craignent pour leur emploi, le ministre a réagi dimanche sur Facebook: «Personne ne veut vous dissuader de travailler, mais il y a des règles à respecter et elles sont dans votre intérêt», a-t-il déclaré, considérant la pétition comme un acte de propagande de la part d’Uber.