La police zurichoise a enfin identifié le treizième agresseur soupçonné d'avoir participé au viol collectif et répété d'une jeune adolescente de 13 ans au cours de ces dernières semaines. Agé de 19 ans, il a été interrogé lundi matin. «Le jeune homme était présent au moins une fois dans l'appartement où ont eu lieu les viols, mais il n'a pas participé à l'acte. Il a été relâché», a indiqué Peter Rüegger, le commissaire en charge de l'enquête auprès de la police municipale.

Photomontage

Lors de la même conférence de presse, le municipal responsable des Ecoles, Gerold Lauber, a tenté d'apporter des éclaircissements sur les antécédents de certains des suspects. Il a vivement démenti que la direction de l'école aurait tenté d'étouffer une affaire de viol dans le passé. Seule certitude: un photomontage pornographique montrant la tête d'une élève sur un torse dénudé a circulé dans l'école Buhnrain il y a une année.

Cette élève avait été soumise à des pressions et menacée pendant des mois. Les services spécialisés de la Ville avaient alors vivement conseillé à la mère de la jeune fille de porter plainte. La mère toutefois a placé sa fille dans un autre établissement, mais n'a pas mis en marche la justice. Les auteurs du photomontage n'ont jamais été découverts. La SonntagsZeitung avait affirmé que la direction de l'école avait eu connaissance d'une affaire de contrainte sexuelle impliquant les mêmes suspects, mais qu'elle aurait découragé la mère d'entreprendre quelque chose. Sans donner plus de précisions, Gerold Lauber a encore parlé de «deux autres cas sans rapport avec le viol» dans lesquels une partie des agresseurs ont été impliqués dans le passé.

Vera Lang, présidente de la commission scolaire du cercle où se trouve l'école Buhnrain, a indiqué que tout l'établissement était encore perturbé. Outre le choc, la présence permanente des médias pose problème. Certains journalistes ont pu obtenir le numéro de téléphone portable de certains élèves et les bombardent d'appels.

Dix agresseurs en prison

Dix agresseurs -neuf mineurs et un jeune adulte tous d'origine étrangère- sont toujours en détention préventive pour éviter tout risque de collusion. Trois autres suspects présents sur les lieux lors des faits, mais qui n'ont pas participé aux abus sexuels, ont été entre-temps relâchés. Ils sont toutefois soupçonnés de complicité. «Il reste de nombreuses zones d'ombre. Il y a les meneurs, et il y a les autres», a déclaré Christoph Hug, le juge des mineurs zurichois. Le nouveau droit pénal des mineurs, qui prévoit pour les cas graves une peine de 4 ans au maximum, ne s'appliquera pas à ces jeunes garçons, car il ne déploie pas ses effets rétroactivement. Ils risquent toutefois une mesure d'internement dans un établissement fermé jusqu'à leur 22e année révolue.

Ce viol en bande sordide a suscité des réactions virulentes lundi au Grand Conseil zurichois. Pour l'UDC, ces débordements sont le fruit de la société multiculturelle que les partis de gauche veulent à tout prix établir à coups de prestations sociales. Le Parti socialiste et le Parti radical ont rejeté immédiatement ces accusations simplistes, et rappelé à l'UDC qu'elle portait une partie de la responsabilité, s'étant par exemple toujours refusée à financer les cours d'intégration.