Le viol d'une adolescente de 15 ans a tourné au règlement de comptes, mardi à Vevey. Lors d'une descente vengeresse, des proches de la victime s'en sont pris au propriétaire du commerce dans lequel l'agression sexuelle a été commise. Dans l'échauffourée, le tenancier de l'établissement – un fast food – et un policier ont été blessés. Le violeur est sous les verrous.

Les premiers faits se sont produits mardi vers une heure du matin, deux heures après la fin de la première répétition générale de la Fête des Vignerons, à une heure où une partie du public et des participants était encore disséminée entre les spectacles et les caveaux de la «Ville en fête».

La jeune fille, domiciliée dans la région et qui se promenait avec une amie, s'est présentée à l'entrée du fast food de la place Scanavin, souhaitant utiliser les toilettes de l'établissement. Le commerce, qui appartient à un citoyen marocain honorablement connu à Vevey, était alors fermé. Mais l'un des employés l'a entraînée à l'intérieur, où il l'a violentée. Aperçu une demi-heure plus tard dans les rues de la ville par des amis de la victime, il a été interpellé et incarcéré. Il nie les faits, quand bien même, selon les enquêteurs, le viol est patent. L'auteur n'est autre qu'un jeune frère du propriétaire, âgé d'une vingtaine d'années, qui réside en Suisse depuis peu, avec un permis d'étudiant.

Le lendemain, le propriétaire de l'échoppe appelait la police pour demander de l'aide: il venait de recevoir, par téléphone, de la part de la famille de la victime, l'avis d'une prochaine descente de représailles vu son étroit lien de parenté avec l'agresseur. Une patrouille de la police de sûreté s'est alors rendue sur place à titre préventif. Mais la bande de jeunes qui s'est présentée sur les lieux vers 20 h 50 n'a nullement été dissuadée par cette présence. Elle s'en est prise au commerçant et à l'un des policiers. Les deux hommes souffrent d'hématomes, sur le visage pour le premier, sur le corps pour le second. Les agresseurs ont pu prendre la fuite. L'un d'eux, appréhendé peu après par la police municipale de Vevey, a reconnu les faits et a été relaxé. Au nombre des vengeurs se trouvait un frère de la victime. Ce jeune homme est connu pour son tempérament emporté. Mais les difficultés que traverse actuellement sa famille (le père, chef d'entreprise, est sous le coup d'une affaire pénale d'ordre financier) pourraient aussi avoir joué un rôle dans cette réaction.

Un dernier épisode s'est produit le même soir, vers 22 heures. Une dizaine de personnes, probablement les mêmes, se sont à nouveau présentées devant le magasin. Elles ont tenté d'en forcer la porte, mais sans succès. Elles ont alors saccagé l'entier de l'installation extérieure du commerce, destinée à la restauration rapide et comprenant un gril, une friteuse, un frigo. Les dégâts se montent à plusieurs milliers de francs.

Si l'alcool n'a selon la police eu aucune part dans le viol, il peut avoir joué dans l'opération de vendetta un rôle que l'enquête devra déterminer. Le commerce où le viol a eu lieu n'a aucun lien avec la Fête des Vignerons et la victime ne faisait pas davantage partie des mineurs qui participent activement aux festivités. L'affaire a été placée sous la responsabilité du juge d'instruction de l'Est vaudois, qui a ouvert une enquête pour contrainte sexuelle et acte sexuel avec un enfant.