La police est toujours à la recherche d'un jeune homme de 18 ans, dans l'affaire de viols collectifs et répétés d'une adolescente de 13 ans à Zurich, révélée jeudi.

Parmi les douze autres jeunes soupçonnés d'avoir pris part aux abus, filmés par téléphone portable, dix étaient toujours détenus par la police dimanche soir. Âgés entre 15 et 17 ans, étrangers ou très récemment naturalisés, ils ont avoué l'essentiel des faits. Selon la SonntagsZeitung, aucun d'entre eux n'a montré des signes de repentir. Et surtout, certains auraient déjà été impliqués dans une affaire similaire il y a un an.

Inspirés de films porno

C'est au début de la semaine passée que la victime avait demandé de l'aide à une copine. Jeudi, la police procédait aux arrestations de jeunes qui, selon la NZZ am Sonntag, courent le risque d'une peine pouvant aller jusqu'à 4 ans de prison. Les prévenus se seraient inspirés de films porno diffusés par Internet. De ce fait, le conseiller aux Etats radical Rolf Schweiger veut interdire la publicité télévisuelle pour les films porno diffusés sur des portables, et le PDC demande quant à lui l'interdiction de certains types d'appareils.

Des précédents?

L'affaire promet de faire des remous au sein du système scolaire zurichois. En effet, selon la SonntagsZeitung, cinq des douze écoliers impliqués dans l'affaire auraient déjà commis une agression sexuelle. L'affaire date d'une année. En novembre 2005, une jeune adolescente de 13 ans raconte à sa mère les menaces, les coups, et le harcèlement sexuel dont elle aurait été victime, de la part des cinq adolescents. L'affaire se déroule à Zurich-Seebach, un quartier réputé pour être difficile. L'écolière explique aussi que la bande aurait diffusé sur Internet un photomontage, avec sa tête et le corps d'une femme nue.

La mère de la victime se serait alors adressée à la responsable de la classe, puis à la direction de l'école. Mais «on n'a pas voulu nous aider. Ils nous ont dit d'ignorer cette affaire», explique-t-elle. Elle décide alors de placer sa fille dans un autre établissement. «Ma fille avait des troubles de concentration et vivait dans un état de peur perpétuelle», explique-t-elle. Aucune mesure n'a été prise contre les jeunes garçons.

Le conseiller municipal zurichois en charge du Département de l'école et du sport, Gerold Lauber, a confirmé à l'agence AP le harcèlement de la jeune fille par une bande de jeunes il y a un an. Selon lui, le dossier fait état de violences, mais pas d'abus sexuels. L'élu n'a en revanche pas pu confirmer que certains jeunes impliqués dans la récente affaire de viol collectif figuraient alors parmi les agresseurs.

Par ailleurs, il est faux de prétendre que l'école a cherché à étouffer l'affaire, a affirmé Gerold Lauber. Selon lui, malgré les conseils de l'école et de la psychologue scolaire, qui s'est rendue cinq fois dans la classe concernée, la mère de la victime a décidé d'inscrire sa fille dans un autre établissement plutôt que de porter plainte.