Conseil fédéral

Viola Amherd mise sur son amour du consensus

La Haut-Valaisanne a convié la presse pour défendre sa candidature au Conseil fédéral, évoquant son attachement au dialogue pour trouver des solutions. Le PDC valaisan la soutient à 100%

La conférence de presse de Viola Amherd détonne quelque peu. Elle semble en retard sur le calendrier. La Haut-Valaisanne a décidé de convoquer les médias, ce jeudi, pour se présenter et expliquer les raisons qui la poussent à briguer le siège laissé vacant au Conseil fédéral par Doris Leuthard, alors que la campagne, en vue de l’élection du 5 décembre, bat déjà son plein. La conseillère nationale ne fait que tenir sa promesse faite lors de l’annonce de sa candidature, fin octobre.

«Parfois, c’est la nature qui décide. Mon état de santé m’empêchait de faire cette conférence de presse plus tôt», rappelle-t-elle. Aujourd’hui, Viola Amherd va mieux. Ses problèmes de santé sont de l’histoire ancienne. «Ils ne sont aucunement liés aux réflexions concernant cette candidature», précise-t-elle en souriant. Si les calculs rénaux ne l’ont pas stoppée dans sa volonté de siéger au Conseil fédéral, les discussions avec son entourage et son parti, ainsi que les «retours positifs de la population et du monde politique», l’ont encouragée à sauter le pas.

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Expérience des pouvoirs exécutif et législatif

Viola Amherd estime avoir le bagage nécessaire pour accéder au gouvernement, mettant en avant ses qualités de «bâtisseuse de ponts». «La discussion, les échanges sont au cœur de mes priorités. Pour trouver des solutions solides et durables, il faut savoir écouter et prendre en compte les opinions qui diffèrent de la vôtre», souligne-t-elle. Présidente de Brigue-Glis durant douze ans, conseillère nationale depuis 2005, Viola Amherd fait également valoir ses expériences au sein des pouvoirs exécutif et législatif. Dans le processus décisionnel, elle avoue apprécier particulièrement le moment où il faut trancher. «J’aime prendre des décisions, c’est une qualité importante pour être conseillère fédérale», estime-t-elle.

La Haut-Valaisanne, qui peut également faire valoir une étiquette de représentante des régions périphériques, sait que la tâche ne sera pas facile et que les défis à relever sont nombreux. Evoquant la numérisation, les relations avec l’Europe ou encore les coûts de la santé, Viola Amherd se dit prête à donner «de son temps, de son expérience et de son énergie pour trouver des réponses à ces questions». Le tout en représentant les valeurs de son parti, le PDC, au sein du Conseil fédéral.

Une candidate trop à gauche?

Mais la candidate, que d’aucuns jugent trop à gauche pour une démocrate-chrétienne, peut-elle être l’égérie de son parti? «Il faut passer par-dessus les étiquettes qu’on essaie de me coller. Si on analyse mes votes au Conseil national, on se rend compte que je suis au centre du centre. C’est cela l’ADN du PDC», répond la principale intéressée. Les démocrates-chrétiens valaisans acquiescent. Viola Amherd peut devenir la figure de proue de leur parti. Devant les médias, ils se montrent unis derrière sa candidature.

Le choix des différents intervenants de la conférence de presse vient d’ailleurs renforcer cette image d’union. La présence de Serge Métrailler, président du PDC du Valais romand qui n’a pas hésité à parler de «soutien inconditionnel», démontre que l’ensemble du canton porte cette candidature et pas uniquement sa partie germanophone. Les prises de parole successives du conseiller aux Etats Beat Rieder et du chef de groupe du PDC haut-valaisan (CVPO) au Grand Conseil Philipp Matthias Bregy, tous deux plus à droite que Viola Amherd sur l’échiquier politique, ont pour but de faire taire les rumeurs de division au sein du CVPO.

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«Je ne sais pas qui me veut du mal»

Si le parti apparaît uni derrière Viola Amherd, ce n’est pas le cas de l’ensemble du Haut-Valais. Depuis quelques semaines, plusieurs affaires, qui écornent l’image de la candidate, éclatent au grand jour. Début octobre, on apprenait que la conseillère nationale avait été condamnée pour avoir perçu des loyers trop élevés durant plusieurs années. Ce jeudi, la Weltwoche dévoile une histoire d’héritage que la notaire aurait mal géré. «Je ne sais pas qui me veut du mal, explique Viola Amherd, en précisant que les écrits de la Weltwoche sont faux. Mais je suis consciente que si après près de trente ans de carrière politique, tu n’as pas d’ennemis, quelque chose ne joue pas.»

Dossier
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