éditorial

Violence à l’école, l'affaire de tous

ÉDITORIAL. Face à une problématique qui dépasse ses murs, l’école doit collaborer avec les autres acteurs: la police, la protection des mineurs, les travailleurs sociaux et les éducateurs

Des élèves armés de couteaux et de pistolets à air comprimé à l’école. Le signal est pour le moins inquiétant. Les cycles d’orientation genevois seraient-ils devenus des zones de non-droit où la violence décomplexée entrave l’enseignement? L’image est excessive, mais pas inutile dès lors qu’elle amène à réfléchir. Parents, élèves et enseignants sont en droit de s’inquiéter. Plus que légitimes, ces préoccupations sont nécessaires.

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Face aux questions de la presse, le Département genevois de l’instruction publique annonce avoir fermement sanctionné les cas et exclu certains élèves. Il s’empresse aussi de préciser que les statistiques ne traduisent pas une augmentation de la violence à l’école. Raison de plus pour se mobiliser, aurait-on envie de répondre. C’est précisément maintenant qu’il faut agir, avant d’être confronté à un phénomène incontrôlable.

L’environnement scolaire est un théâtre où les symboles comptent. Les armes, factices ou réelles, n’y ont pas leur place. La tolérance zéro doit être appliquée pour dissuader tout apprenti caïd de commettre l’irréparable. Même s’il ne s’agit que d’une infime minorité des 76 000 élèves du canton. C’est aussi un laboratoire dans lequel observer les prémices de changements qui affectent la société tout entière: addiction aux écrans, refus de l’autorité. En première ligne, l’école ne peut néanmoins pas agir seule.

En ce sens, la démarche de la conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta mérite d’être saluée. Confrontée à une mission de plus en plus large et face à une problématique qui dépasse ses murs, l’école doit rassembler ses savoirs et les partager avec les autres acteurs: la police, la protection des mineurs, les travailleurs sociaux et éducateurs qui côtoient des jeunes au quotidien et connaissent leurs difficultés. L’effort de prévention ne peut être que collectif.

Surtout dès lors que, l’actualité récente l’a montré, la scolarisation n’est plus un gage de bonne conduite. Les auteurs du tabassage de Saint-Jean, certains encore mineurs, étaient pour la plupart insérés dans un cursus scolaire ou professionnel. Cela ne les a pas empêchés de s’attaquer sans raison à des innocents.

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