Comment font-ils campagne, avec quels moyens, quelle motivation? Alors que les candidats aux élections fédérales n’ont jamais été aussi nombreux, «Le Temps» suit six d’entre eux sur le terrain pour un carnet de campagne.

«Votez Jeunes UDC, votez pour l’avenir»: entre les stands de fruits et légumes, Virna Conti alpague les passants, un paquet de flyers sous le bras. Ce samedi matin, le marché de Rive, fief PLR, renferme toutefois des électeurs potentiels. A ses côtés, Eric Stauffer est lui aussi en campagne. Un hasard? «On se connaît depuis quelques heures, mais on se soutient», confie l’ancien tribun MCG, sourire aux lèvres. A la faveur d’une rencontre fortuite plus tôt ce matin-là, à la place du Molard, les deux candidats ont décidé de tracter ensemble.

Dans ce quartier bourgeois de Genève, un passant sur trois n’a pas le droit de vote. «Depuis ce matin, je tombe sur beaucoup d’anglophones ou de personnes domiciliées en France voisine», détaille Virna Conti, tout en balayant le périmètre des yeux. A sa droite, une jeune femme déambule avec une poussette. Elle se lance: «L’extrême droite, non merci», répond l’intéressée, refusant poliment le flyer d’une main.

«Candidats authentiques»

«Sur les marchés, les réactions sont spontanées, on dispose de quelques secondes pour attirer l’attention, et ce n’est pas toujours facile», reconnaît Virna Conti. Sa technique? Un grand sourire pour donner confiance et un mot clé, «l’avenir». «Virna a les idées claires, à son âge c’est rare», salue Eric Stauffer, lui-même candidat au Conseil national sur une liste sous-apparentée au PBD. Pour convaincre, il ne lui a donné qu’un conseil: rester elle-même. «La population veut des candidats authentiques, pas des moutons de Panurge.»

Midi sonnant, la foule grossit parmi les étals. Une vieille dame s’avance, Virna retente sa chance. «Tenez Madame, le programme des Jeunes UDC.» La dame empoigne le flyer et marmonne un merci avant de tourner les talons. Non loin de là, sa mère suit les opérations des yeux. «Il faut que tu mettes en avant tes priorités, parle-leur de ce que tu veux défendre», plaide-t-elle. Quelles sont-elles? «Le refus de l’accord-cadre, la défense de la classe moyenne et la baisse des primes d’assurance maladie», répond Virna Conti.

«A cet âge-là, on doit rêver»

Dans les faits, difficile d’instaurer un dialogue. «Il y a trois types de réactions, détaille la jeune candidate. Les convaincus qui promettent de voter pour nous, ceux que le mot UDC horripile et ceux qui ne réagissent même pas.» Pleine de courage, elle s’élance vers un ancien bâtonnier genevois. C’est la douche froide. «Impossible d’être UDC à 20 ans, lâche l’intéressé, à cet âge-là, on doit rêver.» En début d’après-midi, son tas de flyers a fondu, mais Virna Conti n’est pas sûre d’avoir vraiment convaincu.