Carnet de campagne

Virna Conti, raclette et souveraineté

En pleine campagne, l'UDC genevoise se dit prête à encaisser toutes les critiques pour défendre les intérêts de la Suisse. Face aux ténors romands de son parti, elle a réaffirmé sa volonté de «rajeunir l’avenir»

Comment font-ils campagne, avec quels moyens et quelle motivation? Alors que les candidats aux élections n'ont jamais été aussi nombreux, «Le Temps» en suit six.

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Fromage, cornichons et viande séchée reposent au frais aux côtés du petit blanc. Pour leur soirée de lancement de campagne, les Jeunes UDC genevois ont choisi de servir une «raclette de la victoire» à leurs sympathisants. En cette fin d’après-midi, la salle communale du Grand-Lancy est plutôt vide. «Ça va se remplir», lance Virna Conti, virevoltant d’une table à l’autre pour régler les ultimes détails. En pleine période d’examen, l’étudiante en droit de 24 ans frise le surmenage. «Il faut maintenir la cadence coûte que coûte», sourit-elle, un flyer à la main.

Les invités arrivent finalement au compte-goutte, Oskar Freysinger suivi de Céline Amaudruz et de Kevin Grangier. Le premier ne tarit pas d’éloges sur cette relève dynamique qui ose prendre des risques. «C’est dur de recruter des femmes à l’UDC, alors quand on en trouve une avec du charisme et du franc-parler, on jubile», souligne-t-il à l’intention de Virna Conti. En tant que jeune femme urbaine avec une fibre écologiste assumée, la candidate colle-t-elle vraiment à l’image du parti? «L’UDC est un parti fédéraliste par excellence, qui admet toutes les spécificités; la seule condition est de défendre la Suisse par-dessus tout.»

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«Ne pas s’oublier»

Etre une femme à l’UDC, un sport de combat? «Il faut savoir encaisser les coups, reconnaît Céline Amaudruz. Nos adversaires osent des critiques qu’ils ne feraient jamais à une femme de gauche et encore moins à un homme.» Dans la jungle médiatique, la présidente de la section genevoise confie son instinct protecteur envers Virna Conti. «Je lui rappelle de ne pas s’oublier; la politique ne rend pas toujours ce qu’on lui donne.»

L’arrivée tonitruante des sonneurs de cloche annonce le début d’une soirée placée sous le signe de la «jonction des générations». Sur scène, Virna Conti réaffirme sa volonté de se battre pour l’avenir du pays. «Souveraineté, indépendance et liberté: la défense de ces valeurs vaut tous les missiles, lance-t-elle à l’assemblée clairsemée. On va au-devant d’une échéance cruciale avec l’accord-cadre qui menace la Suisse. Seule contre tous, l’UDC est le dernier rempart pour défendre notre démocratie directe. Si le parti a un problème, alors la Suisse a un problème.»

Fierté maternelle

Autour des tables, les regards sont admiratifs. En particulier celui de sa mère, ancienne déléguée du CICR, qui veille, rassure et encourage. «Je suis évidemment très fière d’elle, mais je n’hésite pas à lui dire quand elle en fait trop», sourit-elle. Derrière le bar, la raclette est servie et le clan Conti trinque déjà à la victoire.

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