Normalement, cette votation devrait être jouée d’avance. Rarement l’UDC a paru aussi affaiblie à l’heure de partir en campagne pour son initiative visant à résilier l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’UE. Elle s’y lance sans président, Albert Rösti ayant refusé de prolonger son mandat de six mois après le report de son assemblée des délégués pour cause de coronavirus. Et elle part au combat divisée après les déclarations de Peter Spuhler, le CEO de Stadler Rail et ex-conseiller national UDC influent. Celui-ci a dit tout le mal qu’il pensait de cette initiative nuisant à la place économique suisse. «Elle est extrême et dangereuse.»

Et pourtant: ce scrutin est loin d’être gagné par les adversaires de l’initiative, car un invité surprise a surgi en ce début de campagne: le coronavirus. Il sème en Suisse un climat d’inquiétude qui réjouit l’UDC sans que celle-ci n’ose l’avouer franchement. Membre du comité d’initiative, le Valaisan Jean-Luc Addor résume bien la situation: «Le coronavirus est un passager clandestin de l’initiative, mais ce n’est pas nous qui l’avons embarqué. Cela dit, il est vrai qu’il suscite des réflexes de peur et de repli qui vont favoriser l’initiative», déclare-t-il.