L’Italie hausse le ton face à la Suisse dans la crise des visas liée à l’affaire Kadhafi. Si aucun accord n’est trouvé entre Berne et Tripoli d’ici le au15 avril, Rome présentera une proposition visant à permettre à la Libye de passer outre l’opposition helvétique à l’octroi de visas Schengen. Cette initiative devrait être présentée par l’Italie, l’Espagne, le Portugal et Malte lors de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE le 22 mars, a déclaré le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini, à l’issue d’un «long» entretien avec le premier ministre libyen Al Baghdadi El-Mahmoudi à Tripoli.

Une «profonde indignation»

Le nouveau règlement prévoit la possibilité d’émettre des visas à «territorialité» limitée à un certain nombre de pays membres de Schengen, a dit Franco Frattini à l’agence ANSA. Chaque pays pourra ainsi émettre un visa qui sera valable pour son territoire et pour les autres pays adhérant à cette initiative. Dans ce contexte, si la crise «n’est pas résolue d’ici au 4 avril, l’Italie proposera à tous les autres pays de Schengen» d’attribuer des visas aux personnalités libyennes, même si la Suisse «continue à s’y opposer». «Il n’est pas possible que les membres d’une délégation libyenne qui négocient des accords avec l’UE soient inscrits sur la liste noire helvétique», a déclaré le ministre italien, dont le pays entretient des relations étroites avec le régime de Tripoli.

Durant cette rencontre, les Libyens ont souligné la «profonde indignation» du leader libyen Mouammar Kadhafi d’avoir été inscrit sur la liste noire. Al Baghdadi El-Mahmoudi a également fait état d’une proposition d’accord transmise par la présidence espagnole de l’UE la semaine passée.

Par ailleurs, les nouvelles concernant Max Göldi, qui doit purger une peine de quatre mois dans une prison libyenne, sont peu réjouissantes. Amnesty, se basant sur les dires de sa famille, confirme que «sa santé psychique et physique s’est dégradée».