Le Temps: Depuis plusieurs jours, le plateau suisse enregistre des températures de l’ordre de 23 à 25 degrés. Une conjoncture météorologique exceptionnelle en ce début d’automne? Frédéric Glassey: Ce mois de septembre est excessivement doux pour certaines stations de mesures suisses avec une température moyenne parfois plus élevée qu’en juillet. Nous sommes globalement 3 degrés au-dessus des normales saisonnières, malgré le coup de froid survenu il y a dix jours. Cet écart thermique est encore plus marqué en moyenne montagne où les températures avoisinent actuellement les 15 à 16 degrés à 1500 m. Cette situation est presque comparable à celle que nous avons connue au mois d’avril dernier. Nous sommes toutefois dans une période de bascule. – C’est-à-dire? – La situation d’inversion thermique ne fait que débuter et il y a encore beaucoup d’échanges entre les couches d’air, ce qui permet encore aux régions de plaine de dépasser les 20 degrés en journée. A mi-automne, une situation anticyclonique similaire se traduirait par du grand beau et de la douceur en montagne mais des conditions plus fraîches et plus humides en plaine en raison de brumes ou brouillards. – Le service de protection de l’air de la ville de Genève a levé dimanche son plan d’information ozone (PIO). Avec les températures élevées, peut-on tout de même s’attendre à des pics de pollution d’ozone dans les bassins genevois et lémanique? – Le soleil est beaucoup moins fort qu’en plein été. L’ensemble des processus chimiques qui induisent l’ozone se font de manière plus lente. De plus, les jours raccourcissent. La conjugaison de ces deux phénomènes fait qu’il n’est plus possible de connaître des pics de pollution à l’ozone à fin septembre. D’ailleurs, les indices de mesures de la qualité de l’air du jour indiquent un taux modéré pour la ville et la campagne. L’air circule encore bien entre les différentes couches et favorise les brassages de polluants. C’est une période transitoire. Dans le courant du mois de novembre, nous commencerons à connaître des problèmes de pollution dus au stratus. – Comment se manifestent-ils? – Le brouillard tenace agit comme un couvercle en plaine et retient la pollution. Les poussières fines, le dioxyde d’azote et le soufre par exemple, alors que l’ozone est une pollution exclusivement estivale liée à la chaleur et au soleil. – Cette situation de beau temps est-elle appelée à durer? – Pour l’heure, il n’y a aucun signe certain de perturbations à l’horizon. Le beau temps devrait donc se maintenir jusqu’à mardi prochain au moins. Une dégradation est toutefois possible en milieu de semaine, mais n’est pas encore validée par tous les modèles. Une chose est sûre: en automne, une période anticyclonique peut se maintenir plus facilement qu’en été du fait des températures moins élevées. Cela ne veut pas dire que les températures ne déclineront pas. Cette baisse devrait se faire graduellement, à raison de 1 à 2 degrés par semaine, aussi longtemps que l’anticyclone se maintiendra en place au-dessus de nos têtes. – Quelles sont les prévisions saisonnières pour l’automne 2011? – D’une part, il faut rappeler que les tendances saisonnières ne sont pas fiables. Quand bien même elles le seraient, il est très dangereux d’interpréter l’ensemble d’une saison sur la base d’une simple indication de température ou de précipitation. Rappelez-vous l’hiver passé. Il avait neigé plus de 40 centimètres à Genève début décembre. Le reste de l’hiver a été sec et doux. A ce stade, on peut donc s’attendre à tout.