«Comme ministre des Finances, j’aurais moi aussi acheté les données des clients des banques», a déclaré mercredi soir la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, à Bâle, montrant une certaine compréhension envers le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble.

C’était dans le cadre d’une série de débats organisés par l’hebdomadaire allemand Die Zeit au théâtre de Bâle sous le titre «Où va la Suisse?». Quelques heures auparavant, son collègue Hans-Rudolf Merz, et avec lui l’ensemble du collège, avait pourtant «condamné ce mode d’acquisition de données volées». Il est vrai que la cheffe de la diplomatie suisse avait été ministre des Finances à Genève.

Mais Micheline Calmy-Rey a aussi critiqué l’attitude du Conseil fédéral dans cette affaire en admettant qu’il «n’y a aucune stratégie visible. Nous devons nous montrer plus décidés». La conseillère fédérale relaie ainsi les critiques des partis politiques qui reprochent au gouvernement son attitude défensive, ses réactions au coup par coup et son manque de stratégie sur l’avenir du secret bancaire et de la place financière suisse.