Partira? Partira pas? L'été passé, le Papiliorama de Marin a joué à «papillon vole». Il convoitait un terrain appartenant à Migros pour s'agrandir. Mais le géant orange ne voulait pas le céder, car il projette d'y monter un parc d'attractions dédié au cinéma. Un comité de soutien s'était créé pour empêcher le Papiliorama de voler vers d'autres cieux. Le site de Cernier, dans le Val-de-Ruz, était prêt à l'accueillir. Le Locle aussi. Finalement, la Fondation du Papiliorama, Migros, et les autorités de Marin, associées à celles de Thielle-Wavre, se sont entendues. Le Papiliorama déménagera, mais de 900 mètres seulement.

Le Papiliorama et le Nocturama, ces deux hémisphères qui reproduisent le jour et la nuit sous les tropiques attirent, bon an mal an, 200 000 visiteurs. La grande majorité (80%) vient de Suisse alémanique. Le Papiliorama est situé à la frontière des langues, et c'est un atout que l'on vérifiera sans doute durant Expo.02. Le Papiliorama a été inauguré en 1985. Le Nocturama en avril 1995, quatre mois après l'incendie du Papiliorama qui avait causé la mort de centaines de papillons et de dizaines d'oiseaux grillés ou gelés pendant une nuit de janvier. Depuis 1985, ce musée des tropiques a accueilli quelque 2,35 millions de visiteurs. Malgré tout, il est condamné à s'étendre pour résister au temps qui passe. Il doit créer des expositions temporaires pour renouveler son attrait, offrir un parcours dans la jungle aux hordes d'écoliers auxquels la contemplation d'un papillon ne suffit plus malgré les cris d'émerveillement. Il doit aussi améliorer ses structures d'accueil en créant un restaurant.

Président de la Fondation du Papiliorama, l'ancien conseiller d'Etat Pierre Dubois a rappelé hier que Martin Bijleveld, fondateur du Musée tropical, «n'est pas un marchand de loisirs». Ancien secrétaire du WWF, il veut sensibiliser les populations à la disparition de la forêt tropicale qui meurt sous la cognée des bûcherons à un rythme effarant.

Le déménagement et l'extension du ont un prix: 12 millions. La Banque cantonale est d'accord de prêter 4 millions sous garantie, a expliqué Pierre Dubois. D'autres millions pourraient venir des pouvoirs publics, dans le cadre d'un prêt sans intérêt. Le reste serait sollicité par le sponsoring. Migros, l'assurance La Suisse, partenaires dès les débuts, s'annoncent partantes, et la Loterie romande donnera sans doute un coup de pouce. Les travaux de construction du Papiliorama pourraient commencer en 2002, avec ouverture en 2004. Mais il faudrait attendre fin 2007 pour inaugurer l'ensemble du site, remodelé en fonction des attentes du public.