Le cadre était exceptionnel, même si la teneur du discours était attendue. Des mesures de sécurité extraordinaires avaient été prises dans la mesure où la salle des pas perdus du Conseil national avait été bouclée par les forces de sécurité. Comme l’UDC – à l’exception d’Andreas Aeby (BE) et de Hannes Germann (SH) – avait décidé de boycotter le discours de Volodymyr Zelensky, un quart de l’hémicycle de l’assemblée fédérale est resté vide. Au total, ce sont quelque 150 élus des deux Chambres qui y ont assisté en dehors de leur ordre du jour officiel.
Ils n’ont pas été déçus. A l’issue du discours, d’une douzaine de minutes, ils se sont levés pour réserver une ovation au président ukrainien. Communicateur hors pair, Volodymyr Zelensky a renoncé à toute critique envers la Suisse, contrairement au discours qu’il avait prononcé le 19 mars 2022 lors d’une manifestation sur la place Fédérale peu après le début de l’invasion russe. Il a ainsi même épargné ses multinationales qu’il avait accusées de rester actives en Russie et de «travailler ainsi avec l’agresseur».