Radio-TV: les citoyens n’ont rien contre la SSR

Analyse Les raisons du petit oui du 14 juin

Le 14 juin 2015, le peuple suisse acceptait de justesse, avec moins de 4000 voix d’écart, la loi sur la radio et la télévision (LRTV). Les Romands et les urbains ont sauvé la mise à Doris Leuthard au terme d’une campagne très dure, qui a vu la SSR accusée de tous les maux alors que l’objet ne portait pas sur la mission de service public mais sur des questions plutôt techniques, en lien avec le système de perception de la redevance.

Satisfaits du service public

Publiée vendredi, l’analyse Vox vient affiner la compréhension du vote. Avec une première surprise: les sondés ont très bien saisi l’enjeu et ne se sont pas laissés influencer par le ton anti-SSR des adversaires. Globalement, 73% de tous les votants et même 61% de tous les opposants à l’objet se disent satisfaits du service public. Les 49,9% des citoyens qui ont rejeté la loi ne voulaient donc pas majoritairement sanctionner la SSR. Ils ont surtout considéré que l’obligation généralisée de payer la redevance était injuste, qu’il s’agissait d’un nouvel impôt, au montant trop élevé. Malgré tout, il ressort de l’analyse Vox qu’autant les adversaires que les partisans du projet au­raient accueilli favorablement un débat de fond sur le service public et le mandat de la SSR avant cette votation.

L’autre enseignement de ce scrutin porte sur le profil politique des votants. Sans surprise, c’est du côté des sympathisants de l’UDC que l’on trouve les adversaires les plus acharnés de la loi, montre l’analyse Vox. Seuls 27% d’entre eux seulement ont dit oui. Logique: le parti a fait campagne pour le non et le référendum était porté par l’Union suisse des arts et métiers et son président, le conseiller national UDC Jean-François Rime. Scepticisme également du côté des autres électeurs de droite. Seulement 58% des sympathisants du PDC et 46% de votants proches du PLR ont soutenu le projet, alors que les deux partis se sont engagés en sa faveur. Les sympathisants du PS et ceux qui se classent à gauche ont, en revanche, suivi la ligne et largement plébiscité le changement. Outre le fossé entre les villes et les campagnes, entre la Suisse romande et la Suisse alémanique, on note ainsi une nette division entre la droite et la gauche, laquelle a convaincu son électorat de la pertinence de moderniser le système de perception de la redevance en le généralisant.

Avec 50,1% de oui, le résultat du scrutin est le plus serré depuis la création de l’Etat fédéral. La semaine prochaine, le Tribunal fédéral devra décider s’il y a lieu de procéder à un nouveau décompte des voix.