C’est une tradition au Temps. Avant chaque votation fédérale, la rédaction donne son avis sur les différents objets soumis au peuple. En vue du 27 septembre, elle devait se prononcer sur cinq objets.

Comment se déroulent les délibérations? De manière extrêmement démocratique. L’ensemble des collaborateurs sont conviés à cette séance. Vient qui veut, quelle que soit sa fonction ou la rubrique à laquelle il appartient.

Débat nourri sur les avions de combat

Cette fois-ci, une vingtaine de personnes étaient présentes pour plus d’une heure de débat nourri. A la rédaction de Lausanne ou en visioconférence. Pour chaque sujet, le spécialiste du dossier présente, en toute objectivité, les enjeux et les prises de position des principaux acteurs politiques. Puis place aux discussions. Un objet a particulièrement été débattu: l’achat de nouveaux avions de combat. Pour certains, ils sont essentiels à la défense du territoire, pour les autres, la sécurité passe plutôt par un développement de la cyberdéfense ou les services de renseignement. Au final, le non l’a emporté à quelques voix près.

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Unanimité, par contre, pour soutenir la libre circulation, le congé paternité et la déduction fiscale pour les frais de garde. Quelques discussions autour de la loi sur la chasse, rejetée par la grande majorité, qui considère ce texte comme contraire à la volonté de développer la biodiversité.

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Une position, mais la parole aux deux camps

Toutes ces positions font ensuite l’objet d’un éditorial écrit par l’un des journalistes qui connaissent bien la thématique et qui partagent la position majoritaire.

Pourquoi Le Temps prend-il ainsi position? Pour participer au débat public et nourrir la discussion. Cependant, il ne s’agit en aucun cas de dire aux lecteurs ce qu’ils doivent voter. Par ailleurs, quelle que soit l’opinion défendue, tous les avis sont relayés lors du traitement des sujets. Dans un premier temps, des articles présentent les enjeux du scrutin, puis donnent la parole aux deux camps.

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Par exemple pour les avions de combat, deux grands entretiens ont été réalisés: l’un avec la conseillère fédérale Viola Amherd, chargée du Département fédéral de la défense, et l’autre avec Pierre-Alain Fridez, conseiller national socialiste. Pour l’«Initiative de limitation», après la cheffe du Département de justice et police, Karin Keller-Sutter, la parole est donnée à l’un des ténors de l’UDC, le rédacteur en chef de la Weltwoche, Roger Köppel. Et samedi 12 septembre, nous avons consacré un numéro spécial de 10 pages au congé paternité.

Tradition helvétique

Le reste de la presse suisse donne-t-il aussi son avis? La plupart des médias privés se positionnent sur les objets fédéraux, mais aussi cantonaux, voire locaux. Toutefois, le choix éditorial n’est pas toujours autant débattu qu’au sein du Temps. Il est plutôt l’apanage de la rédaction en chef et des journalistes parlementaires.

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Du côté de la SSR, et tout particulièrement de la RTS, pas de prise de position officielle sur les objets de votation. Service public oblige. Ou alors, les deux opinions sont exprimées, comme le fait, sur certains objets, la RTS radio.

Le Temps prend-il aussi position lors d’élections? Le journal partage des valeurs, mais n’est aucunement partisan et n’appellera donc jamais à voter pour une formation politique. Quant aux prises de position sur les objets de votation, elles ne sont absolument pas alignées sur une formation. Parfois c’est la gauche qui est satisfaite, parfois la droite.