Droits populaires

Votations: comment restaurer la confiance en Suisse

Comme les recours contre le verdict des urnes se multiplient, il est impératif d’améliorer la fiabilité des informations publiées avant un scrutin

L’annulation du scrutin du 28 février 2016 sur l’initiative populaire du PDC pour l’imposition équitable des couples a plongé le monde politique dans la plus profonde perplexité. Le motif de l’annulation – des chiffres inexacts communiqués par l’administration et le Conseil fédéral – fait douter du sérieux des informations officielles diffusées avant une votation. Comment restaurer la confiance? Le gouvernement a annoncé mercredi que le chancelier de la Confédération, Walter Thurnherr, avait chargé un groupe de travail de «proposer des mesures supplémentaires permettant d’assurer la qualité de la préparation des bases de décision destinées au parlement et aux citoyens». Il devra aussi établir des «procédures de correction pour les erreurs éventuelles» et faire des propositions sur la «manière de traiter les chiffres et les faits qui évoluent au cours du processus parlementaire». De telles mesures sont urgentes pour deux raisons.

Premièrement, les citoyens continuent de faire confiance aux informations officielles. Depuis 2016, les analyses des scrutins fédéraux sont effectuées, sous le label Voto, par un consortium composé du Centre de compétences suisse en sciences sociales FORS de Lausanne, du Centre d’études sur la démocratie Aarau (ZDA) et de l’institut de sondage Link. Dans le cadre de ces enquêtes, les personnes sondées sont interrogées sur la manière dont elles se sont informées. La brochure d’explications du Conseil fédéral et les articles dans les journaux viennent systématiquement en tête, avec un taux d’utilisation constant de 85 à 90%. Ces sources sont citées plus souvent que les émissions de radio et de télévision, par exemple. Un sondage effectué en ligne jeudi par la TV alémanique SRF confirme ce résultat: 80% des participants disent se référer à la brochure officielle du gouvernement avant de glisser leur bulletin dans l’urne.