C'était un cancre, il devient presque un premier de classe. Depuis l'introduction, lors du scrutin du 2 juin dernier, du vote par correspondance généralisé, le canton de Vaud a en effet quitté les bas-fonds du classement en termes de participation, pour se retrouver au sixième rang national.

Le bénéfice est appréciable, même si cette remontée doit aussi être mise au compte de la présence, lors des dernières votations, d'un objet particulièrement «émotionnel»: l'initiative sur la fusion des cantons de Vaud et de Genève. La médaille du canton citoyen modèle a toutefois un revers: la proportion de bulletins nuls a explosé, de 0,2% en moyenne à 3% le 2 juin.

En détaillant hier ces chiffres à l'occasion d'une conférence de presse, Pierre Chiffelle, directeur du Département des institutions et des relations extérieures (DIRE), s'estimait globalement satisfait de l'exercice. De fait, avec un taux de 48,6%, le scrutin du 2 juin dépasse de 14,6% la participation moyenne aux élections et votations de la période 1995-2001 (34%).

Inversion de la tendance

De plus, l'analyse du scrutin montre que, le 2 juin, 80% des votants ont utilisé le mode du vote par correspondance (avec une pointe de 96% à Pully, et un creux de 7% à Arrissoules), alors que seuls 20% d'entre eux se sont rendus aux urnes. Un succès indéniable, et qui dénote une complète inversion du comportement du citoyen vaudois: le 3 mars 2002, pour le premier tour de l'élection au Conseil d'Etat, la proportion cumulée du vote par correspondance et du vote anticipé n'atteignait que 32% (14% et 18%), alors que 68% des votants avaient décidé de faire le chemin des urnes.

Ceci étant, l'attrait du vote par correspondance est également fonction de la taille de la commune. Dans les plus grandes, 87% des votants y ont eu recours; dans les communes moyennes, ce taux chute à 77%. Dans les petites localités enfin, il n'est plus que de 68%. «Ce taux relativement bas peut être fonction de la proximité du bureau de vote. Il peut aussi être expliqué par le fait que, dans les petites communautés, l'habitude veut que le vote soit un événement convivial, où tout le monde se retrouve», explique Chantal Tauxe, déléguée à la communication du DIRE.

Seule ombre au tableau du sursaut civique: le 2 juin, la proportion de bulletins nuls a été multipliée par 15. Bulletins non signés, votes retournés sans leur enveloppe de transmission ou reçus hors délai, matériel jeté à la poubelle avec la publicité... «La nouveauté du système a pu surprendre certains votants», estime Pierre Chiffelle. Qui prie les Vaudois, en prévision du scrutin du 22 septembre prochain, de lire attentivement les instructions figurant sur le matériel de vote qu'ils recevront d'ici quelques jours.