L'influence des sensibilités partisanes et la crédibilité de Christoph Blocher. Ce sont les deux moteurs qui ont actionné la votation du 24 septembre sur l'initiative COSA et le durcissement des lois sur l'asile et les étrangers. Telles sont en résumé les conclusions de l'analyse Vox, réalisée par l'institut GfS auprès de 1013 personnes.

«La crédibilité de Christoph Blocher a eu une influence déterminante», constatent les auteurs de l'étude à propos de deux lois migratoires. Il apparaît que 90% des personnes qui jugent le chef de Justice et police crédible ont approuvé la révision du droit d'asile. On ne sera pas surpris d'apprendre que le pourcentage a grimpé à 96% au sein de l'UDC, alors que 84% des personnes se sentant proches du PRD et 77% de celles qui partagent les idées du PDC ont approuvé les nouvelles restrictions, contre 27% des gens qui votent plutôt socialiste.

Cela démontre que, pour ce double scrutin ayant trait à la migration, la sensibilité partisane a pesé lourd, bien davantage que l'âge, le sexe ou le revenu. Seul le degré de formation a joué un léger rôle, les personnes bénéficiant d'une formation supérieure ayant moins fortement soutenu la loi, qui, tout comme celle sur les étrangers, a été approuvée par 68% de la population.

La presse souvent consultée

Outre la personnalité de Christoph Blocher et la sensibilité politique, la volonté de lutter contre les abus a guidé 72% des votants dans leur choix. A l'inverse, ceux qui se sont opposés au durcissement de l'asile l'ont fait pour deux raisons: par respect de la tradition humanitaire de la Suisse et par le souci de permettre aux requérants de déposer une demande même s'ils ne peuvent pas présenter de papiers d'identité.

Le rejet, par 58,3% des électeurs, de l'initiative COSA, qui voulait attribuer à l'AVS les bénéfices de la Banque nationale, a lui aussi été influencé par les sympathies partisanes. Les personnes de sensibilité de gauche ont approuvé le texte, contrairement aux autres. Il apparaît cependant que les votants ont tardé à se forger une opinion. Alors que 45% des personnes interrogées savaient dès le départ ce qu'elles voteraient à propos de l'asile et des étrangers, elles n'étaient que 36% à être immédiatement au clair avec COSA.

Les autres se sont progressivement fait leur opinion au fil des semaines. Nombreux sont ceux qui admettent avoir eu de la peine à évaluer les conséquences de cette initiative. Deux tendances se sont cependant dégagées. Premièrement, les défenseurs du texte ont estimé que les cantons et la Confédération avaient assez reçu et que c'était au tour de l'AVS de profiter des excédents de la BNS. Deuxièmement, 67% des votants, partisans et adversaires confondus, ont cependant reconnu que l'initiative ne résoudrait pas durablement les problèmes de l'AVS.

L'analyse Vox constate encore que l'initiative a recueilli plus d'avis favorables auprès des électeurs de plus de 50 ans, des femmes et des personnes à revenu modeste ne disposant pas toujours d'un deuxième pilier et quasiment jamais d'un troisième.

Pour les trois objets, les électeurs disent avoir puisé dans plusieurs sources d'information pour se convaincre de leur vote. Les articles de presse viennent en tête (81%), devant les émissions de télévision (74%), la brochure du Conseil fédéral (71%), les émissions de radio (57%), les lettres de lecteurs (51%), les annonces publicitaires (48%), Internet ne venant qu'en queue de liste avec 13%.