Et si on proposait aux personnes qui travaillent en ville mais résident dans les communes voisines de participer aux élections municipales? L’idée fait du bruit à Zurich. Elle provient des deux partis de droite – UDC et PLR – vaincus aux élections de dimanche. Au soir des résultats, le candidat à l’exécutif UDC Karl Zweifel, déçu par une ville «peuplée de fonctionnaires», lance la suggestion: permettre «à tous ceux qui travaillent à Zurich, déplorent le chaos du trafic, la pénurie de places de parc et la gestion municipale de gauche» de s’exprimer par les urnes.

Excessif? Une solution alternative, qui devrait prendre la forme d’une motion au parlement cantonal, émerge du camp libéral-radical. Le député Marco Camin précise qu’il y réfléchit, avec son collègue Beat Badertscher, depuis trois mois. «Nous estimons que des indépendants, comme par exemple un boucher, ayant leur boutique dans la ville, domiciliés à l’extérieur où ils paient la plus grande part de leur dû fiscal, ont le droit de se prononcer sur les choix qui la concernent.» Ils devraient pouvoir en formuler la demande.

Cet élu assure que sa proposition n’est pas pensée pour freiner la domination rouge-verte exercée dans la ville depuis vingt ans. «Son impact sur les résultats des urnes serait modéré. N’empêche: le développement des villes soulève des questions et je vois à la manière dont réagissent les médias que cette idée intéresse.» Le groupe parlementaire libéral-radical examinera la validité de cette idée.

Interrogé par le «Tages-Anzeiger», un parlementaire UDC laisse présager que l’alliance à droite sur le sujet sera difficile. A gauche, dénonce le «réflexe de perdants» tout en s’engouffrant dans la brèche et proposant un autre moyen d’élargir le cercle des électeurs: accorder le droit de vote communal aux étrangers qui paient leurs impôts en ville, un droit qui est entré dans les mœurs en Suisse romande mais qui n’a pas encore franchi la barrière de rösti.