Les tensions sont vives dans le canton de Berne, où l’on va voter deux fois de suite sur l’atome. Le 28 novembre, les habitants de la capitale sont appelés à se prononcer sur une initiative populaire communale et un contre-projet de la municipalité. Ces deux textes demandent que la société d’électricité locale EWB renonce à l’énergie d’origine nucléaire. L’initiative exige cet abandon d’ici à 2030, le contre-projet donne à la compagnie locale un délai supplémentaire de neuf ans.

Les enjeux ne sont pas minces. Selon les autorités, EWB devra investir au moins 470 millions pour trouver d’autres ressources énergétiques. En parallèle, elle doit renoncer aux droits de concession qu’elle retire de la centrale de Gösgen, ce qui représente un manque à gagner de 39 millions par an.

Une centaine de recours

Deux mois plus tard, le 13 février, c’est la population du canton qui s’exprimera sur l’avenir de la centrale de Mühleberg. Le Conseil exécutif, à majorité rose-verte, est opposé au remplacement de l’usine plantée au bord de l’Aar. Mais le Grand Conseil, à majorité de droite, est favorable à la construction d’une nouvelle unité. Le peuple donnera son avis en février, dans le cadre d’un vote consultatif.

En parallèle, la question de la prolongation de la durée de vie de la centrale existante doit être réglée. En principe, le réacteur de Mühleberg devrait s’arrêter le 31 décembre 2012. Il y a un an, le Conseil fédéral a cependant décidé d’accorder à ses exploitants une prolongation illimitée de son utilisation. L’ISFN a donné son accord.

Des recours ont été déposés au Tribunal administratif fédéral (TAF) par une centaine de riverains. Cette cour a rendu une première décision intermédiaire en juillet. Elle a ordonné au Département fédéral de l’énergie de mettre à sa disposition tous les rapports sur lesquels l’ISFN et lui-même se sont appuyés pour donner leur feu vert à la prolongation de l’exploitation de l’usine. Le TAF doit encore, avant de trancher sur le fond, décider si les opposants pourront eux aussi avoir accès à ces documents sensibles.