Le Temps: Comment avez-vous procédé pour le choix des variantes?

Josef Bösch: Nous avons fait une simulation sur la base de 51 variantes, puis nous avons restreint la fourchette, d'abord entre un et douze centres, puis entre deux et huit. Un seul serait trop risqué, par exemple en cas de panne, et les transports seraient trop importants. Nous sommes arrivés à la conclusion que trois était la meilleure solution. Avec quatre ou cinq, nous courrions le risque de devoir en fermer un rapidement si le recul du volume de lettres s'accentuait. Et nous aurions des sites mal placés.

– Qu'ils soient trois ou cinq, les nouveaux centres seront alignés le long du Plateau. Pour quelle raison?

– Elle est simple: 86% du courrier déposé provient de l'axe Genève-Saint-Gall et 77% du courrier distribué est destiné à ces mêmes régions. On nous demande souvent pourquoi nous n'en prévoyons aucun à Bâle. C'est parce que Bâle ne génère que 7,5% de l'ensemble du courrier. Si nous avons cinq centres, chacun devrait traiter environ 20% du volume total.

– Quel moyen de transport comptez-vous privilégier?

– D'un centre de tri à l'autre, ce sera le rail. Entre les centres et les plates-formes de transbordement prévues en Valais, au Tessin et aux Grisons, ce sera également par train. Pour la distribution à proprement parler, nous devrons en revanche utiliser la route. Nous préférerons aussi le rail entre les centres et les grandes villes quand ce sera possible. Nous en prenons l'engagement.

– Dans les nouveaux centres, vous aurez des machines de tri ultramodernes. Le personnel est-il formé pour de tels équipements?

– Quand nous avons introduit les premières machines de tri, nous avons déjà formé des machinistes. Nous allons poursuivre cette politique. Nous avons le temps, car les nouveaux centres ne seront pas prêts avant quatre, voire six ou sept ans. Mais une bonne partie du personnel pourra travailler dans le même environnement qu'aujourd'hui, d'autant que nous devrons toujours maintenir une partie de tri manuel.

– Que pouvez-vous offrir à ceux qui ne pourront pas se déplacer dans les nouveaux sites?

– Nous ferons tout pour leur trouver un emploi sur place, à La Poste ou en dehors. Nous offrirons des formations si nécessaire, et nous comptons réserver à l'avance des emplois qui deviendraient vacants dans toutes les unités de l'entreprise, de la distribution au guichet en passant par la technique ou l'entretien.

– Moritz Leuenberger attend de La Poste qu'elle mène cette réforme sans licenciement. Sera-ce bien le cas?

– Nous poursuivons exactement le même but. Nous voulons trouver une solution pour chacun, personnellement.