Frederik Paulsen, président du groupe pharmaceutique Ferring et consul honoraire de Russie à Lausanne, s’est fait le meilleur ambassadeur du canton de Vaud, mardi à Moscou lors de la visite que fait depuis lundi une importante délégation vaudoise (LT du 9 septembre). Devant les participants à un forum « santé et sciences de la vie », il a expliqué les raisons qui avaient conduit sa société, d’origine suédoise et fondée par son père, à s’installer à Saint-Prex (VD) : « la volonté de rester en Europe, la forte présence de la recherche, la stabilité économique, des conditions favorables à l’entrée en bourse et l’efficacité des autorités cantonales pour trouver rapidement un terrain magnifique et équipé. » Questions.

Le Temps: « En Suisse, vous ne risquez pas de mauvaise surprise », avez-vous dit au public russe. Et vous avez décrit une situation quasi paradisiaque…

Frederik Paulsen : Il est incontestable qu’il y règne un esprit de « cluster », vraiment très favorable à l’innovation. Maintenant, il est vrai que le canton est victime de son succès. Les infrastructures sont débordées et l’on ne voit pas très bien où l’on va pour faire face aux besoins. Des décisions fondamentales devraient selon moi être prises. Par ailleurs, le canton devrait favoriser encore davantage les investissements dans les domaines de la haute technologie et de la qualité de vie. C’est de ce genre d’emplois qu’il a besoin.

-Vous avez des liens étroits avec la Russie. Quelle part avez-vous jouée dans l’organisation de ce voyage ?

-J’ai une passion personnelle pour les expéditions polaires, un domaine dans lequel les Russes sont incontournables. Cela m’a du reste porté à financer une expédition russe au Pôle Nord il y a deux ans. J’ai joué un rôle marginal dans l’organisation. Mes amis russes sont très impressionnés par l’engagement de tout un canton dans ce voyage et le respect que cela démontre. Les contacts personnels sont essentiels.

-Comment évaluer les résultats d’une telle démarche ?

-Il y aura sans doute des résultats quantifiables sur le plan commercial. Mais le plus important est de créer la base d’une relation forte sur le long terme. Il faudra revenir, dans deux ans, dans trois ans, régulièrement, ne pas se contenter d’un seul coup. L’idéal serait aussi de se déplacer dans diverses villes. Parmi les secteurs de partenariat prometteurs, je vois les nanotechnologies. C’est une force de l’EPFL et Vladimir Poutine voudrait que la Russie devienne un leader mondial dans ce domaine.

-Une délégation vaudoise pour promouvoir la région, n’est-ce pas dépassé ?

-Le lac Léman est l’un des pieds-à-terre des Russes en Europe. Mais la relation avec le canton de Vaud est unique. Lausanne, Vevey, Montreux sont dans les livres russes. L’ouverture du consulat de Lausanne, l’an dernier, pour lequel j’ai engagé quatre personnes, répondait à une forte attente de part et d’autre. Nous sommes en train de monter un programme culturel important.