«En situation de crise, la Délégation de sécurité du Conseil fédéral serait efficace. Mais elle est incapable de prendre l'initiative en vue de réformes en amont», constate-t-on dans l'entourage du gouvernement. Micheline Calmy-Rey, Samuel Schmid et Christoph Blocher, qui composent cette délégation, auraient des conceptions trop différentes de la sécurité. La ministre des Affaires étrangères encourage la mise sur pied d'un service de renseignement digne de ce nom. «Mais elle défend avant tout le développement d'instruments qui contribuent à la sécurité sur le plan international. Concrètement et appliquées à la Suisse, ses vues ne vont pas plus loin. Cela ne fait d'ailleurs pas partie de son cahier des charges», commente une source dans son département.

L'opposition entre le chef de la Défense et son homologue de Justice et police est plus fondamentale. Christoph Blocher semble satisfait de la concurrence qui règne entre les organes. Samuel Schmid, lui, manifeste un intérêt de longue date pour la création d'un Département de la sécurité, qui comprendrait non seulement l'armée, mais également la police fédérale et les différents services de renseignement.

C'est d'ailleurs la solution que privilégie la Délégation des commissions de gestion. Son président, le conseiller aux Etats Hans Hofmann confirme: «On ne peut plus distinguer, aujourd'hui, entre menaces intérieure et extérieure. Dès lors, une collaboration des plus étroites entre les organismes concernés s'impose. La solution idéale consisterait à fusionner les services de renseignement.» Evidemment, poursuit l'UDC zurichois, aucun conseiller fédéral ne souhaite voir sa sphère de compétences réduite. «Mais le gouvernement, et Christoph Blocher en tête, se doivent de prendre du recul. Et d'agir, enfin, avec le plus grand pragmatisme.»