Fin décembre, plusieurs articles dans la presse ont évoqué un «volte-face» du Forum économique mondial (WEF). Le WEF aurait d’abord refusé, puis accepté d’inviter Saïf al-Islam Kadhafi, fils et potentiel successeur du leader libyen, à sa réunion annuelle à Davos. La station grisonne accueille ce 41e forum du 26 au 30 janvier.

Certains ont expliqué ce changement d’attitude par de possibles pressions exercées de la part du Département fédéral des Affaires étrangères. Ce dernier aurait redouté qu’un refus d’inviter Saïf al-Islam Kadhafi ne complique de nouveau les relations entre Berne et Tripoli. L’an passé, deux otages suisses retenus par la Libye pendant près de deux ans avaient fini par être libérés. La Confédération a même accepté de verser une compensation de 1,5 million de franc au régime libyen.

Dans un entretien au «Temps» jeudi, Klaus Schwab conteste toute volte-face et toute pression de Berne. Le fils de Mouammar Kadhafi «a toujours été invité, a assuré le président-fondateur du WEF. Dans le passé, il a même été honoré Young global leader.»

«L’année dernière, poursuit Klaus Schwab, nous avons suspendu cette invitation pour exprimer notre solidarité avec le pays hôte [ndlr: la Suisse]. Cette année, il est invité. Je sais qu’il y a eu beaucoup de spéculations dans la presse. Cependant, il n’y a jamais eu aucune intervention. La raison pour laquelle il a été invité seulement au mois de décembre tient à notre procédure interne. En juin-juillet, nous invitons les chefs d’Etats. Dans une deuxième vague, nous invitons les ministres. Et dans une troisième vague les autres personnalités politiques, selon nos priorités. Je dois vous dire que l’Afrique du Nord est peu présente à Davos cette année, car nous avons eu fin octobre à Marrakech une réunion avec plus de 1000 personnes», a conclu le président WEF.

Pour le moment, Saïf al-Islam Kadhafi n’a pas encore répondu à l’invitation du WEF.