«Moi, je ne ferai probablement pas un seul jour en prison», déclarait Xavier Bagnoud, mardi dernier, lors de la conférence de presse qui a suivi la révélation de la vidéo compromettante qui le mettait en scène, nu et sniffant de la cocaïne. Le député PDC, qui a depuis annoncé sa démission du parti, faisait allusion au chantage dont il se dit victime par ceux qui ont rendu public le fichier par le biais d'Internet.

La justice valaisanne en a décidé autrement. Elle le désavoue, temporairement du moins, en annonçant sa mise en détention préventive. Cette mesure a été décidée hier suite à une audition du principal concerné.

Outre la consommation de produits stupéfiants, le cas échéant, que reproche-t-on à Xavier Bagnoud qui puisse justifier cette garde à vue alors qu'il s'est le premier affirmé en tant que plaignant dans cette affaire?

Sollicité par Le Temps hier, le juge d'instruction du Valais central, Yves Cottagnoud, restait presque muet. Il évoquait prudemment «le risque de collusion» entre les différentes personnes incriminées pour justifier la mise en détention. Deux personnes, un homme et une femme, avaient déjà été placées en détention en fin de semaine. L'une d'entre elles aurait été libérée hier. Une troisième a été entendue par la police et a livré du matériel informatique aux enquêteurs.