Les déchets radioactifs seront stockés dans l’Ain

Nucléaire Le chantier du site Iceda va reprendre. Tous les recours ont été annulés

Electricité de France (EDF) a annoncé mardi 30 décembre que le chantier du site de stockage de déchets nucléaires Iceda allait reprendre en avril prochain, après trois années d’interruption. Iceda est un centre d’entreposage jouxtant la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas dans l’Ain. Il est destiné à conditionner et rassembler sur 8000 m2 les déchets radioactifs provenant des neuf réacteurs nucléaires d’EDF en cours de déconstruction sur l’ensemble de l’Hexagone.

Le Tribunal administratif de Lyon avait en 2011 examiné plusieurs recours et décidé d’annuler le permis de construire, entraînant l’arrêt immédiat des travaux. Soutenue par des mouvements écologistes, une société horticole s’était fortement opposée au projet Iceda, redoutant la présence «d’une poubelle nucléaire» face à ses serres. Après avoir été déboutée en appel, EDF s’était pourvue en cassation devant le Conseil d’Etat, plus haute juridiction administrative française, qui a décidé en mars du renvoi du dossier devant la Cour administrative d’appel de Lyon. Le 4 décembre dernier, cette dernière a autorisé la poursuite de la construction d’Iceda.

L’Etat de Genève avait lui aussi déposé un recours auprès du Conseil d’Etat français, en s’appuyant sur un article de la Constitution stipulant que «les autorités cantonales s’opposent par tous les moyens juridiques et politiques à l’installation de centrales nucléaires, de dépôts de déchets radio­actifs et d’usines de retraitement sur le territoire du canton et dans son voisinage». Mais en avril 2014, le Conseil d’Etat a jugé irrecevable la demande helvète, estimant que «les collectivités requérantes étaient trop éloignées du site distant d’une soixantaine de kilomètres».

Dix convois par mois

EDF se réjouit bien évidemment de la reprise du chantier qui devrait s’achever en 2017. Dix convois de déchets nucléaires seront acheminés chaque mois, par voie ferrée et routière. Au total, 1500 tonnes de déchets seront stockés pour une durée prévisionnelle de 50 ans. L’association Sortir du Nucléaire (SDN) du Bugey déplore la décision de justice du 4 décembre. «EDF ne tient pas compte sciemment de l’avis de l’Autorité environnementale qui a émis beaucoup de réserves sur ce dossier, relève Jean-Pierre Collet, porte-parole de SDN. Cette installation va générer des pollutions radio­actives et les risques d’inondation d’Iceda par le Rhône sont énormes quoi qu’en dise EDF. Il est à craindre que les eaux soient en partie contaminées, alors que nous sommes en amont de Lyon.»

Par ailleurs, SDN soutient que la rupture en amont du barrage de Vouglans après, par exemple, un séisme engendrerait une catastrophe. «EDF nous dit que la vague de dix mètres n’inonderait pas le site nucléaire, on peut en douter», estime Jean-Pierre Collet. Aucun conseiller d’Etat genevois n’était joignable vendredi pour réagir à la reprise du chantier Iceda.