Le Temps: Pourquoi la troisième piste autoroutière est-elle nécessaire?

Christophe Reymond: La réalité du trafic quotidien la rend indispensable. Cette réalité est décrite et étayée même par les services du Département fédéral des transports dirigé par Moritz Leuenberger. Statistiques et études documentent la saturation du tronçon entre Lausanne et Genève. En dépit des efforts pour développer les transports publics, dont la troisième voie CFF à laquelle je suis favorable tout comme les milieux économiques et politiques qui ont lancé la pétition, il faudra élargir l'autoroute. La mobilité privée sur la route va augmenter de 20% dans les prochaines années. Or, il y a de l'argent disponible pour financer ces travaux. Il s'agit d'une part du Fonds d'infrastructure de 5,5 milliards de francs destinée à la suppression des goulets d'étranglement. L'autoroute Lausanne-Genève pourrait en bénéficier. Mais il faut que le canton de Vaud manifeste son intention de décrocher les crédits fédéraux.

- La pétition lancée a-t-elle quelque chance d'infléchir les réticences des autorités vaudoises à l'égard de la troisième piste?

- On vit un drôle de paradoxe. La troisième voie CFF fait l'unanimité, mais son financement fait défaut. L'autoroute, en revanche, dispose des fonds nécessaires alors qu'elle ne suscite pas l'adhésion de tout le monde. Notre pétition doit servir à créer un mouvement fort dans les cantons afin de convaincre les autorités à se manifester auprès de la Confédération en faveur de l'élargissement autoroutier. Sans prétendre à l'unanimité, je compte sur les usagers qui signeront notre texte afin d'exercer une certaine pression sur le gouvernement. Il faut absolument solliciter et obtenir les fonds disponibles. Dans le cas contraire, on risque de perdre vingt ans. Je précise que le contournement de Morges, tout aussi important, relève d'un autre programme et devra trouver son financement ailleurs.

- Pouvez-vous compter sur le soutien de membres du Conseil d'Etat?

- Si j'en crois les contacts que nous avons eus, la réponse est oui.

- Que pensez-vous de la télégestion du trafic autoroutier prévue entre Lausanne et Morges?

- C'est une solution transitoire, ponctuelle, à la surcharge des tronçons limités, qui ne résout cependant pas le problème.