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Un officier suisse devant les soldats le 19 juin 2014.
© AFP

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«Moins il y a de militaires dans l’armée suisse, moins il y a de suicides dans le pays»

Une étude d’un psychiatre bernois prouve que la diminution des effectifs de l’armée suisse en 2003 a diminué le nombre de suicides dans la population. La possession d’armes à feu dans les foyers en serait la cause

Selon une étude de Thomas Reisch, médecin à l’hôpital psychiatrique de Berne, la baisse des effectifs de l’armée suisse en 2003 a empêché le suicide de 30 hommes. Publiée en 2013 dans The American Journal of Psychiatry, et reprise ces jours par le célèbre The Atlantic, cette étude montre la corrélation entre le nombre de militaire dans un pays et le taux de suicide. En cause: la présence d’armes à feu dans les ménages.

La Suisse a la quatrième population la plus armée du monde, après les Etats-Unis, la Serbie et le Yemen. Les hommes sont obligés d’effectuer leur service militaire et de stocker leurs armes chez eux quand ils sont en permission. A la fin du service, l’armée leur permet de les acheter à un prix avantageux. En Suisse, 30% des ménages possèdent une arme à feu, rappelle le magazine.

«La Suisse a accidentellement diminué le taux de suicide»

C'est en constatant que le nombre de suicides par arme à feu en Suisse avait fortement décliné en 2004 que le chercheur a eu l'idée d'étudier les corrélations. «C’est hypothétique, mais je suis sûr que cela a à voir avec l’armée», pensait-il. Il parvient ensuite à vérifier son hypothèse dans le cadre de ses recherches.

Restreindre l’accès aux armes à feu permet de sauver des vies

Que s'est-il passé en 2003? C'est l'année où l'armée suisse a introduit une nouvelle réforme nommée «Armée XXl». Les effectifs des troupes sont réduits de moitié. Le nombre de militaires âgés de 18 à 43 ans passe de 400 000 à 200 000 en un an, ce qui coïncide exactement avec l’année où le nombre de suicides a diminué. Thomas Reisch précise que le taux de suicides est resté inchangé dans les autres classes d’âge.

A lire aussi: Référendum citoyen contre une armée réduite de moitié

Le chercheur insiste sur la dangerosité de posséder une arme à feu chez soi. Selon lui, 75% des hommes qui auraient pu se suicider avec un fusil n’ont pas choisi une autre méthode pour mettre fin à leurs jours suite à la baisse des effectifs. «Restreindre l’accès aux armes à feu permet de sauver des vies», explique-t-il. D’après ses calculs, la Suisse aurait accidentellement empêché le suicide de 30 hommes tout simplement en baissant les effectifs de l’armée.

Une théorie valable dans d’autres pays

«Mon étude peut être facilement adaptée aux autres pays, c’est une théorie générale qui s’applique partout», explique Thomas Reisch. Des études similaires aux Etats-Unis et en Israël confirment sa théorie.

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Selon une étude américaine menée par «The Trace», un média indépendant en ligne consacré à l'étude de la violence par les armes, le nombre de ménages possédant une arme à feu est lié «directement» au taux de suicides du pays. Les chercheurs expliquent ce phénomène par l'efficacité d’un coup de feu, presque toujours mortel, contrairement à d'autres façons de mettre fin à sa vie comme la pendaison ou l’empoisonnement. Un suicide par arme à feu est aussi très impulsif: 70% des personnes qui se suicident par balle se sont décidés moins d’une heure avant de passer à l’acte.

En Israël, des chercheurs abondent dans le même sens. En 2010, une expérience montre que si l’armée autorise les soldats à laisser leurs armes au camp militaire quand ils rentrent en permission, la courbe de suicide dans les troupes diminue de 40%.

A lire aussi: L’UDC saborde la réforme de l’armée

Lire l'article original sur le site The Atlantic: How Switzerland Accidentally Reduced Suicides

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