«Le Temps» recueille les impressions de nouveaux élus durant leur première session parlementaire Kathrin Bertschy 32 ans(Vert’libéral/BE)

Elle a cofondé le parti des Verts libéraux du canton de Berne il y a quatre ans, a siégé trois ans au parlement de la ville. La voilà nouvelle élue sous la Coupole. «Tout s’est passé très vite, presque trop!» dit-elle, tout sourire. «A 32 ans, on ne s’est pas encore accompli professionnellement. Or, avec mon nouveau mandat, il va falloir que je réorganise un peu ma carrière.» Economiste de formation, Kathrin Bertschy était pressée de siéger. «Car à partir du moment où on est élu, on doit attendre cinq semaines avant le début de la session. Là, je peux enfin répondre à ceux qui me demandent ce que cela signifie d’être conseillère nationale!» Elle explique son éveil à la politique par la lecture des journaux. «Depuis toute petite, je lis beaucoup, grâce à mon père, enseignant. Mais je n’arrivais pas à m’identifier à un parti. Jusqu’au succès des Verts libéraux à Zurich.» Au Palais fédéral, 9 des 12 Verts libéraux sont nouveaux, comme elle. «Ce qui m’a étonnée ces premiers jours? Nous recevons énormément de documents et d’invitations. Et puis, je trouve que certains débats, déjà traités au National, sont trop longs. Et qu’il y a une certaine inefficacité», lance-t-elle. En raison de son profil, elle siégera à l’influente Commission de l’économie et des redevances, qui traitera notamment de la réforme fiscale écologique, un de ses dadas. Sinon, elle avoue, après deux semaines de session, être un peu fatiguée. «Le rythme est soutenu. Nous avons des fois des réunions de groupe avant de siéger à 8 h et souvent encore des activités le soir.» Elle ne semble pas particulièrement fascinée par l’élection du Conseil fédéral. «En fait, j’ai toujours suivi ces élections, depuis toute petite, à la télévision. La dramaturgie y est presque plus forte qu’en vrai…» Elle s’étonne surtout de l’intérêt démesuré des médias pour cet événement. «Finalement, rien n’a vraiment changé. Parler de la crise économique ou de la réunion sur le climat à Durban me semble bien plus important pour l’avenir de la Suisse que toutes ces spéculations qui ont précédé l’élection!» Kathrin Bertschy, adepte de balades en montagne, a l’esprit analytique. Elle aime observer, discuter, trouver des solutions, chercher des compromis. Et elle n’est pas dénuée d’humour. Elle a fait d’une citation d’Albert Einstein sa devise préférée: «Pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut avant toute chose être soi-même un mouton.» Une allusion à la campagne de l’UDC en 2007.