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Théo (24 ans) et Bastien (26 ans),  deux Genevois,  ont été placés en détention provisoire en raison de leur participation avec 160 autres personnes à une manifestation d’aide aux migrants à la frontière franco-italienne…
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Justice

«Il y a une volonté de punir une jeunesse humaine et solidaire»

Poursuivis en France pour aide à l'entrée de migrants, Théo et Bastien, deux Genevois, seront jugés le 31 mai à Gap. Ils s'expriment pour la première fois

Pour cette conférence de presse, où ils s'expriment pour la première fois, Théo (24 ans) et Bastien (26 ans) ont donné rendez-vous à Annemasse, ville frontalière avec Genève. Ils n'ont en effet pas le droit de quitter le territoire français. Les deux Genevois forment avec Eleonora, une jeune Italienne, le groupe qu'on appelle «les trois de Briançon».

Le 24 avril dernier, ils ont été placés en détention provisoire en raison de leur participation avec 160 autres personnes à une manifestation d’aide aux migrants à la frontière franco-italienne. Leur mobilisation avait permis l’entrée en France de 30 à 40 migrants, bloqués à la frontière depuis plusieurs jours. Arrêtés le soir même, ils sont poursuivis pour «aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire national et en bande organisée».

Jusqu'à 10 ans de prison

Remis en liberté le 3 mai sous contrôle judiciaire strict, ils seront jugés à la fin du mois à Gap (Hautes-Alpes). Ils risquent jusqu’à 10 ans de prison et 750 000 euros d’amende. A Annemasse, ils prennent la parole avec les risques encourus. «On nous a dit qu'on ne devait pas s'exprimer sur les réseaux sociaux. Devant la presse, ça devrait aller, enfin nous n'en sommes pas sûrs, on verra», explique Théo. Tous deux sont logés en Haute-Savoie chez des proches et doivent pointer à la gendarmerie tous les jours.

Ils évoquent leurs conditions de détention à la prison des Baumettes (Marseille) durant dix jours. «Parce que nous sommes Blancs, nous étions privilégiés, pas ghettoïsés. Les réfugiés, eux, sans moyen financier, n'ont même pas d'avocat», accuse Bastien. Leurs défenseurs à eux plaideront le 31 mai l'abandon pur et simple des charges. Théo explique: «Nous sommes des boucs émissaires, on sert d'exemple afin de dissuader les soutiens aux migrants de poursuivre leurs actions. Il y a une volonté politique de punir une jeunesse humaine et solidaire. Il y a de plus en plus d'inégalité dans ce monde, du racisme, du sexisme, des atteintes environnementales, l'exploitation animale. Il faut déconstruire cela.»

L'Europe responsable

Plus généralement, ces «autonomes» au discours militant font porter à l'Europe la responsabilité de l'afflux de migrants, revenant sur le passé colonial, l'ingérence politique, l'esclavagisme, l'exploitation industrielle. «Les ressources de ces pays ont été pillées, cela a poussé et pousse toujours les populations aux portes de la Méditerranée», juge Théo.

Rétifs à parler d'eux-mêmes, ils ont tout de même concédé que l'assignation sur le territoire français leur porte préjudice. Bastien, qui termine un bachelor en économie et histoire sociale, craint de ne pouvoir achever son cursus cette année. Théo, maître-nageur, devait être embauché à la piscine de Carouge le 11 mai. Mais ils rappellent que leur situation, si inconfortable soit-elle, n'est en rien comparable à celle des migrants: «Une jeune femme d'origine africaine a été retrouvée le 7 mai noyée dans la Durance en aval de Briançon, elle aurait fait l'objet d'une course poursuite par des policiers.»

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