Yaël Hayat, l’incontournable

Evoquer le pénal aujourd’hui à Genève, c’est penser fatalement à Yaël Hayat. Cette avocate, spécialiste des causes difficiles et ingrates, est devenue incontournable dans le paysage judiciaire. Puriste, elle se réserve à l’art le plus noble. Défendre. Sauf quand il s’agit de porter les plaintes de détenus et autres malfrats qui dénoncent les excès carcéraux et policiers. Ce qui revient finalement au même. De sa voix grave, rauque aussi au moment où vient la fatigue, cette passionnée n’hésite pas à convoquer Spinoza, Barthes, Alain, Dostoïevski ou encore Camus pour sensibiliser les juges aux démons de l’amour et de la haine, voire humaniser les pires des criminels. Son intervention dans une affaire disputée – celle du gérant de fortune qui avait voulu tuer sa femme – a été unanimement saluée pour sa profondeur. Aux yeux de beaucoup de magistrats, elle possède ce talent, désormais rare, de plaider bien et juste.