Yannick Buttet remis face à ses démons. Le président de Collombey-Muraz et ancien conseiller national PDC aurait de nouveau dérapé la semaine dernière, selon Le Nouvelliste. Laude-Camille Chanton, présidente du Conseil général de Monthey, l’accuse de gestes déplacés et de propos sexistes tenus sous l’effet de l’alcool.

Les faits remontent à mardi, dans un établissement public de Monthey. Plusieurs témoins confirment au quotidien valaisan que, sur le coup de 20h30, Yannick Buttet se trouvait en terrasse, «fortement aviné». A sa table, plusieurs personnes, dont Laude-Camille Chanton.

Cette dernière affirme que le président collombeyroud a tenu des propos déplacés à son encontre et qu’il a, malgré «ses remontrances», passé à plusieurs reprises ses mains «sur son dos, son cou et ses cuisses». Elle a finalement quitté la table, «mal à l’aise».

Il s’est ensuivi une empoignade avec Xavier Mottet, deuxième vice-président du PLR du Grand Conseil valaisan et compagnon de Laude-Camille Chanton. Selon lui, Yannick Buttet l’a «insulté avant de se faire virer du bistrot».

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Visions divergentes

Laude-Camille Chanton dit avoir accepté de témoigner «pour briser la loi du silence». «Il ne regarde pas une femme comme un séducteur, mais comme un prédateur. C’est très dérangeant», ajoute l’élue PLR. Une étiquette que conteste Yannick Buttet: «C’est un terme très violent qui n’est pas représentatif de ma personnalité, ni de la situation.»

S’il reconnaît que la soirée était passablement arrosée, il n’a pas la même vision des événements: «Nos échanges étaient cordiaux, variés et sympathiques. Je n’ai pas constaté, probablement à tort, que j’ai été si insistant ou qu’elle aurait voulu que je la laisse seule à table.» Il évoque également l’agressivité de Xavier Mottet qui «a surgi du bar» pour l’empoigner.

Mercredi, Yannick Buttet s’est excusé de son comportement dans un échange de messages avec le couple. «Quelqu’un qui n’a rien à se reprocher ne demande pas pardon le lendemain», relèvent Laude-Camille Chanton et Xavier Mottet.

Instrumentalisation politique?

Pour Yannick Buttet, cette affaire ressemble à de «l’instrumentalisation politique» en vue des élections communales valaisannes, prévues le 18 octobre prochain: «Mon principal adversaire, le PLR Alexis Turin, est l’oncle de Xavier Mottet. Il vise la présidence de Collombey-Muraz et ce n’est pas un hasard si cette histoire a fuité dans la presse.» Des affirmations gratuites et une défense «désolante», selon Alexis Turin.

Laude-Camille Chanton affirme pour sa part parler en tant que femme et non comme politicienne du PLR. Et de conclure qu’elle «refuse d’entrer dans un schéma où, encore une fois, il appartient à la victime de se justifier. Yannick Buttet a un problème et c’est à lui de le régler.»

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L’ancien conseiller national PDC avait été condamné en 2018 à 30 jours-amendes avec sursis après une plainte pénale de son ancienne maîtresse et des témoignages de femmes et d’élues fédérales. Il avait alors démissionné de la vice-présidence du PDC suisse et quitté le Conseil national.