Harcèlement

Yannick Buttet promet de se soigner et quitte «temporairement» la politique

Le PDC valaisan démissionne de sa fonction de vice-président du PDC, dont il avait déjà été suspendu. Il annonce vouloir suivre un traitement à propos de sa consommation d’alcool

Yannick Buttet démissionne de son poste de vice-président du PDC Suisse, indique-t-il dans un communiqué diffusé par son avocat ce lundi. Le Valaisan annonce aussi se retirer temporairement de ses fonctions de conseiller national pour suivre un traitement médical afin de maîtriser sa consommation d’alcool. Il avait déjà été suspendu de la vice-présidence du PDC suisse.

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«En tant que vice-président de PDC Suisse, je démissionne immédiatement, poursuit le communiqué. De plus, j'irai à un traitement médical pour maîtriser ma consommation d'alcool. Après mon rétablissement, je discuterai avec mon parti cantonal la poursuite de mon mandat de conseiller national. Jusqu' à nouvel avis, je me retire de mes fonctions électives.»

«A partir de cette date, M. Buttet est inscrit comme malade et suit une cure», a complété Andreas Meili, avocat de Yannick Buttet. «Tant qu'il ne sera pas guéri, il n'exercera pas ses fonctions de conseiller national et de président de commune.»

Dans ce communiqué de presse court et concis, Yannick Buttet fait à nouveau part de ses regrets. «Je tiens à apporter mes profondes excuses à mon épouse, à ma famille et aux personnes qui ont été blessées par mon comportement inapproprié, y compris mes collègues du parti», souligne-t-il.

Une plainte déposée

Le conseiller national est sur la sellette depuis la révélation, mercredi dernier par Le Temps, d’une plainte contre lui. Durant une nuit de novembre, Yannick Buttet aurait harcelé une femme devant son domicile au point de lui faire peur – elle a appelé la police. La jeune femme est elle aussi membre du PDC et elle a entretenu une relation extraconjugale avec le député durant près de dix-huit mois.

Consulter notre dossier sur l’affaire Yannick Buttet.

Plusieurs élues et journalistes ont également évoqué un comportement inapproprié du conseiller national à Berne. Ce dernier a été suspendu jeudi 30 novembre au matin de la vice-présidence du Parti démocrate-chrétien suisse.

Le PDC a simplement pris note de sa décision lundi. Une potentielle exclusion du parti ne semble donc plus à l'ordre du jour. Le PDC souligne, dans un communiqué, que «toutes les atteintes à l'intégrité d'autres êtres humains sont inacceptables». Yannick Buttet ne s'est pas présenté à l'audition que le parti avait prévue lundi: absent à cause de sa nouvelle condition de «malade», il devra être entendu plus tard, selon le PDC. 

Le politicien a admis certains faits. A la fin de la semaine passée, il a reconnu qu’il lui arrive d’être «un gros lourd» lorsqu’il a «bu un verre». Il a depuis refusé de s’exprimer plus avant.

Son parti, le PDC du Valais romand, salue son engagement à vouloir se soigner et n'avance pour l'heure plus aucun calendrier politique.

Pas de remplaçant

«Moi comme d'autres, nous avons joué le rôle de coach auprès de Yannick Buttet. Nous avons mis sur la table tous les scénarios possibles», a indiqué Serge Métrailler, président du PDC du Valais romand (PDCVR).

L'élu a pris l'engagement de se soigner. «Je sens chez lui une volonté sincère. L'important selon moi est qu'il trouve des réponses aux vraies questions», poursuit Serge Métrailler. Pour le président du PDCVR, la politique n'est pas le problème aujourd'hui, ni de savoir si Yannick Buttet sera candidat aux prochaines élections ou si le parti va perdre des plumes dans cette affaire.

Le parti cantonal assure qu'il ne cherche pas à gagner du temps. Il ne veut pas mettre son élu sous pression. Comme il n'existe pas de système de suppléant, personne ne remplacera Yannick Buttet au Conseil national pendant son congé maladie.


Le texte du communiqué diffusé ce jour

«Je tiens à apporter mes profondes excuses à mon épouse, à ma famille et aux personnes qui ont été blessées par mon comportement inapproprié, y compris mes collègues du parti.

En tant que vice-président de PDC Suisse, je démissionne immédiatement.

De plus, j'irai à un traitement médical pour maîtriser ma consommation d'alcool.

Après mon rétablissement, je discuterai avec mon parti cantonal la poursuite de mon mandat de conseiller national. Jusqu' à nouvel avis, je me retire de mes fonctions électives.»

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