Harcèlement sexuel

Yannick Buttet suspendu de la vice-présidence du PDC suisse

Yannick Buttet n'est provisoirement plus vice-président du PDC suisse, mais il n'est pour l'instant pas question qu'il démissionne du Conseil national. 

L’affaire Buttet, révélée par Le Temps, a déjà eu de premières conséquences. Ce jeudi matin à 7 heures, Yannick Buttet a proposé au président du PDC suisse Gerhard Pfister sa suspension avec effet immédiat de sa fonction actuelle de vice-président. Le PDC l’a acceptée en précisant dans un très bref communiqué : «Toute atteinte à l’intégrité d’autres personnes est inacceptable».

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Cette affaire a provoqué une onde de choc mercredi soir à Fribourg lors de la réception donnée en l’honneur du président du Conseil national Dominique de Buman. Le sujet a rapidement éclipsé la fête. Contactées, plusieurs élues se sont exprimées, mais toujours sous le couvert de l’anonymat. La plupart n’étaient pas étonnées, tant le comportement inacceptable de Yannick Buttet lorsqu’il est sous l’influence de l’alcool était connu. Mais personne n’en a parlé publiquement. «Je comprends que les femmes se taisent. Si elles parlent, leur carrière politique est terminée en même temps que celle du harceleur», résumait l’une d’elles.

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Le PDC sous le choc

«Un comportement inacceptable»: c'est par ces mots que le président du PDC Gerhard Pfister a qualifié l'affaire. La question d'une démission sera discutée ces prochains jours avec l'intéressé, le PDC Valais et la présidence.

Pour tout parti, une telle affaire est fâcheuse pour l'image, a reconnu Gerhard Pfister. «Mais les mêmes règles valent pour les parlementaires que pour les citoyens», a-t-il ajouté. Le PDC a assuré qu'il informerait de manière transparente.

Interrogé sur une éventuelle candidature du conseiller national valaisan pour le Conseil des Etats en 2019, Gerhard Pfister estime que cela reste vraiment de la décision du PDC valaisan.

Importance de la présomption d'innocence

Serge Métrailler, président du PDC du Valais romand (PDCVR), a lui été «profondément choqué» par la teneur de l'article du Temps. «Le comportement qui y est décrit ne correspond pas du tout à l'image que j'ai de Yannick Buttet, que je connais depuis longtemps. Je n'ai pas non plus été témoin de tels comportements», a-t-il indiqué à l'ats.

Mais si les actes inappropriés à l'encontre de femmes sont avérés, ils sont «inexcusables, et cela quelle que soit l'appartenance politique d'un élu», souligne Serge Métrailler. Pour l'heure, le PDCVR ne parle pas d'exclure Yannick Buttet de ses rangs. Il rappelle l'importance de la présomption d'innocence. ATS

Dossier
L'affaire Yannick Buttet

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