Politique

Yvan Perrin revient aux affaires, à la présidence de l'UDC neuchâteloise

Dix-huit mois après avoir dû démissionner du Conseil d'Etat neuchâtelois et après avoir retrouvé le sommeil et la santé, le citoyen de la Côte-aux-Fées a été réélu à la tête de la section qu'il avait lui-même fondée en 2001 

Yvan Perrin est de retour aux affaires. Il avait disparu des écrans radars en juin 2014, épuisé, débordé par la tâche de conseiller d'Etat décrochée de haute lutte électorale en mai 2013, treize mois auparavant. Il est réapparu en octobre 2015, sur les réseaux sociaux et lors de l'investiture de Guy Parmelin pour le Conseil fédéral. Ayant retrouvé le sommeil et la santé, il s'était déclaré disponible si on le sollicitait.

Cela n'a pas tardé. Le président Stephan Moser étant démissionnaire, l'UDC neuchâteloise s'est retournée vers son père spirituel, son fondateur en 2001, celui à qui elle doit son succès, Yvan Perrin. L'homme de 49 ans - il les a fêtés le 9 décembre, jour de l'élection de Guy Parmelin au Conseil fédéral - a été élu président de l'UDC neuchâteloise lundi soir, sans courant contraire et sans adversaire. La section maintient à la vice-présidence Olga Barben et Jean-Charles Legrix.

Insomnies, alcool

Conseiller national de 2003 à son élection au gouvernement cantonal en 2013, longtemps vice-président de l'UDC suisse, Yvan Perrin a sombré en été 2014. Insomniaque, il buvait de l'alcool pour dormir. Une spirale infernale, qui l'a contraint à délaisser son mandat de ministre pour se soigner. Rien ne fut facile, car, comme il le disait au Temps en novembre dernier: on le soignait pour sa dépendance à l'alcool quand il souffrait d'une incapacité à s'endormir.

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Après une traversée du tunnel de plus d'une année, faite de traitements en cliniques et de rechutes, Yvan Perrin a subitement retrouvé le sommeil grâce à un antidépresseur consommé à haute dose. Et l'envie de vivre, de courir et de refaire de la politique. En coulisse, dit-il, dans un premier temps au moins. Il s'est retranché dans la maison familiale qu'il occupe seul à La Côte-aux-Fées.

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Il a, à distance, commencé par soutenir Céline Amaudruz et Guy Parmelin en vue des élections fédérales de 2015. Il était particulièrement heureux de l'élection du Vaudois au Conseil fédéral en décembre.

Encore convalescent, envisageant de reprendre son activité de conseiller en sécurité pour les entreprises et les particuliers, l'ex-inspecteur des stupéfiants de la police neuchâteloise retrouve une fonction qu'il a occupée durant douze ans déjà, de 2001 à 2013. La présidence de la section UDC de Neuchâtel a été chahutée depuis qu'Yvan Perrin l'a laissée, d'abord aux mains du Chaux-de-Fonnier Hugues Chantraine, puis du député Stephan Moser, tous deux ayant démissionné après une année de fonction.

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Depuis sa réapparition en automne 2015, Yvan Perrin est redevenu militant UDC de base. Libéré de charges électives qui l'ont asphyxié, il a retrouvé une liberté de ton, commentant à tout va l'actualité, prônant davantage de sécurité et s'engageant en faveur des causes de l'UDC.

Ainsi a-t-il relevé, lundi soir, l'importance de l'initiative pour le renvoi effectif des criminels étrangers soumise au peuple le 28 février. C'est, affirme-t-il, «dire oui à plus de sécurité grâce à moins de criminalité étrangère; à l'application de l'initiative pour le renvoi selon la volonté du peuple; à la sécurité de nos institutions sociales avec moins d'abus sociaux; oui à une application correcte de l'initiative sur le renvoi«.

Elections communales à Neuchâtel le 5 juin

Le président cantonal Yvan Perrin sera confronté à une autre échéance électorale, celle des communales neuchâteloises, le 5 juin prochain. Ayant réussi à conserver son siège au parlement fédéral avec Raymond Clottu, malgré l'absence de sa locomotive électorale Perrin, l'UDC devra confirmer sa position dans le canton de Neuchâtel, avec une vingtaine de pour-cents. Elle devra batailler pour maintenir son siège à l'exécutif professionnel de La Chaux-de-Fonds, avec Jean-Charles Legrix.

Malgré ses déboires de santé, Yvan Perrin a conservé un fort charisme politique à Neuchâtel. Il saura bien en user, comme il a dû le faire par le passé, pour rassembler les troupes UDC parfois peu enclines à tirer à la même corde.  

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