Yvan Perrin jette l’éponge: le vice-président de l’UDC a annoncé à la direction du parti son intention de démissionner de son poste. En cause, le zig-zag de l’UDC dans l’accord UBS. «Un autre que moi devra jouer le rôle d’alibi en Suisse romande», a déclaré le Neuchâtelois.

Très fâché, le conseiller national a confirmé dimanche dans l’hebdomadaire «Sonntag» son intention déjà évoquée vendredi à la Radio suisse romande. Sa colère trouve ses racines dans les volte- face de l’UDC - un «slalom» selon lui - au sujet de l’accord d’entraide administrative avec les Etats-Unis. «Même si on m’assure que le slalom des dernières semaines n’est pas un problème en Suisse alémanique, en Suisse romande, c’en est un», assure-t-il.

«L’UDC s’est battue pour une commission d’enquête parlementaire, nos conseillers aux Etats se sont prononcés contre elle. L’UDC était contre l’accord, puis a soudain donné son aval, avant de s’abstenir de voter. Comment est-ce que je peux expliquer cela aux gens?», a déclaré Yvan Perrin, l’un des cinq vice-présidents de l’UDC.

En colère

Dans l’interview parue dimanche dans «Sonntag», le Neuchâtelois laisse libre cours à sa colère. «Après cette session, c’était définitivement clair pour moi. Je n’investis pas du temps et de l’argent en faveur de mon parti, pour ensuite me faire traiter d’idiot à l’interne». Yvan Perrin a indiqué avoir refusé l’accord avec les Etats-Unis et donné son aval à une commission d’enquête parlementaire. Il a voté oui jeudi à la question du référendum facultatif, malgré la consigne écrite d’abstention reçue le matin du vote et signée du président du parti Toni Brunner et du chef du groupe Caspar Baader.

Interrogé par l’ATS, son collègue fribourgeois Jean-François Rime n’a «rien à dire» sur cette affaire. Porteur de la parole du parti en Suisse romande sur l’accord UBS, il n’a pas non plus souhaité préciser s’il serait candidat à la succession d’Yvan Perrin. Caspar Baader a indiqué pour sa part ne rien savoir d’une notification formelle de cette démission, ni que quiconque ait traité Yvan Perrin d’idiot. Il entend maintenant prendre langue avec les parlementaires mécontents, le Valaisan Oskar Freysinger ayant également exprimé un certain courroux. Toni Brunner n’était quant à lui pas joignable dimanche.