Yves Flückiger dirigera l’Université de Genève

Election L’assemblée de l’institution a préféré le vice-recteur à un ancien doyen de Droit

Prime au sortant? Le futur recteur de l’Université de Genève sera selon toute vraisemblance le vice-recteur Yves Flückiger. La Tribune de Genève l’a indiqué mercredi soir après une réunion de l’assemblée de l’Université, l’instance qui a orchestré la succession de Jean-Dominique Vassalli, actuel recteur. Le Conseil d’Etat doit nommer le candidat choisi, ce qui paraît probable. Vice-recteur depuis 2007, dès le début du rectorat Vassalli, professeur d’économie connu pour ses analyses du marché du travail, Yves Flückiger entrera en fonction en juillet 2015.

Il a été désigné au terme d’une démarche inédite pour l’académie, due à une loi modifiée. Ce régime avait déjà été appliqué il y a quatre ans, mais de manière partielle puisque le sortant Jean-Dominique Vassalli se représentait. L’assemblée de l’université a d’abord recueilli 11 candidatures, pour en retenir trois sur sa liste serrée: outre le vice-recteur, l’ancien doyen de la Faculté de droit Christian Bovet, ainsi que l’ex-président de deux universités canadiennes Luc Vinet. Ce dernier s’est désisté en octobre.

Notoriété plus grande

Dès lors, les deux candidats ont dû livrer campagne. L’assemblée compte 45 membres, dont 20 professeurs: il a fallu convaincre des représentants des différents corps de l’académie. Le professeur de droit est passé pour un peu plus à droite que son concurrent, mais les couleurs politiques ont manifestement peu joué. Dans la maison, des connaisseurs ont davantage mis en avant le fait, problématique aux yeux de certains, que les deux finalistes viennent des sciences sociales, privant la compétition d’une plus grande diversité facultaire. Ce point-là a pu faire pencher en faveur du vice-recteur sortant et Yves Flückiger a bénéficié d’une notoriété plus installée dans l’institution. A l’adresse en particulier des étudiants, échaudés par des hausses de taxes à l’Institut des hautes études internationales et du développement, il a plaidé pour le refus de telles augmentations. Il a aussi souligné l’importance de l’autonomie de l’académie.

Yves Flückiger devra composer dans un environnement plus tendu que les années Vassalli. Les finances du canton ne permettront pas des dotations à la hausse. Le nouveau recteur devra installer dans le paysage académique deux nouvelles facultés nées cette année d’une scission, d’Economie et de management ainsi que des Sciences économiques et sociales, tout en défendant ses projets. A l’évidence, il a vite convaincu l’assemblée. Celle-ci avait jusqu’à mi-décembre pour faire son choix.