Ils promettent le feu. Un collectif d’«antifascistes», sur le site Renverse.co, menace l’hôtel Hilton qui pourrait accueillir la conférence d’Eric Zemmour – selon une rumeur qui circule depuis lundi. Accusée de pactiser avec le diable, la chaîne hôtelière est prise à partie: «Si le meeting du 24 devait avoir lieu dans le Hilton qui se trouve à Genève, nous appellerons nos camarades, de France et d’ailleurs, à se venger du rôle que l’hôtel aura joué dans le financement de la campagne de cet immonde personnage.» Le collectif conclut: «Même si la police protège le Hilton ces prochains jours, elle ne pourra pas le faire toujours, nous réagirons en temps voulu.» Animés de ces bonnes intentions, ces «antifas» donnent un ultimatum à l’établissement: il a jusqu’à mardi soir pour les assurer que cette rencontre n’aura pas lieu. Pour bien marquer les esprits, l’illustration présente le bâtiment en flammes.

«J’espère qu’on pourra défiler de manière convenable»

Un ton très différent de celui qu’avait employé une septantaine de collectifs, syndicats, associations et partis à l’adresse du Département de la sécurité, auprès duquel elles ont obtenu, mardi, l’autorisation de manifester.

Parmi les signataires se trouve le Parti socialiste. Se distancie-t-il des menaces du collectif? Sa présidente, Lydia Schneider Hausser, est gênée aux entournures: «Je déplore la violence de ces propos qu’on ne peut pas cautionner. Nous n’étions pas partis pour cela en élaborant cette manifestation.» Pour autant, elle ne compte pas, à ce stade, dissuader les militants: «J’espère qu’on pourra défiler de manière convenable», réfutant le fait qu’on puisse imaginer le PS être l’otage de groupuscules d’extrême gauche violents.

Le député Emmanuel Deonna, à l’origine de la pétition et d’une question écrite urgente au Conseil d’Etat, n’a pas répondu à nos sollicitations.

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Outre-Versoix, on préfère la liberté d’expression à la radicalité et à la violence du débat genevois. Le syndic socialiste de Lausanne, Grégoire Junod, confie à 20 Minutes qu’à titre personnel il n’aurait pas mis les bâtons dans les roues au probable candidat d’extrême droite à la présidentielle française, comme l’a fait le Conseil administratif de la ville de Genève: «Les libertés d’expression et d’opinion sont des valeurs avec lesquelles il ne faut pas transiger.» Il ajoute: «Nous ne sommes pas élus pour dire aux gens ce qu’ils doivent penser.»