L’agriculture suisse est un champ de bataille. Ce lundi, la majorité bourgeoise du Conseil des Etats a renvoyé le projet de réforme de politique agricole PA22+ au Conseil fédéral, au grand dam de ce dernier. La suspension de l’objet pourrait repousser l’entrée en vigueur de réformes dans le domaine des pesticides au-delà de 2025. L’Union suisse des paysans (USP) a salué la décision, qui suscite l’ire d’une autre frange du monde agricole, alors que deux initiatives agitent encore un secteur particulièrement divisé.

Réduire les pesticides, oui, mais pas comme ça

En novembre 2019, l’assemblée générale de l’USP s’ouvrait en ordre de combat contre deux adversaires: l’initiative «Pour une eau potable propre et une alimentation saine», qui propose de priver de subventions les exploitations qui utilisent des pesticides, administrent des antibiotiques préventifs à leurs animaux ou ne parviennent pas à nourrir leurs bêtes avec ce qu’elles produisent; et l’initiative «Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse», qui réclame ce qu’indique son nom: l’interdiction de tout pesticide dans le pays. Prêts à manifester pour se faire entendre, les membres de l’USP se préparaient à une année difficile. Qui le sera, mais pas pour les raisons attendues: les deux initiatives précitées devaient être soumises au peuple cette année, le coronavirus a reporté leur scrutin à l’été 2021.