accidents nucléaires

La zone de distribution des comprimés d’iode s’étend en Suisse romande

La plupart des habitants des cantons de Berne, Fribourg, Neuchâtel, Jura et une partie importante de la population vaudoise recevront des médicaments de protection

L’une des conséquences de l’accident de Fukushima, en mars 2011, est en train de se réaliser. La Confédération a décidé d’étendre le périmètre de distribution des pastilles d’iode, qui protègent la thyroïde en cas de libération de substances radioactives. Jusqu’à maintenant, le rayon de diffusion de ces comprimés était de 20 kilomètres, ce qui, autour de la centrale de Mühleberg, englobait les villes de Berne, Bienne et Morat et s’étendait jusqu’à Avenches, La Neuveville et Marin.

Comme l’avait révélé Le Temps , (LT du 10.08.2012), le renouvel­lement des stocks, prévu pour 2014, offre l’occasion de redéfinir le périmètre de protection. Un groupe de travail interdépartemental, nommé IDA Nomex, a fait cette proposition après la catastrophe nucléaire japonaise. Le périmètre est désormais étendu à 50 kilomètres autour des cinq centrales suisses. Ainsi, chaque habitant résidant à l’intérieur de ce rayon recevra directement des médicaments de protection à son domicile. Au total, 4,6 millions de personnes se verront envoyer ces comprimés, soit près de quatre fois plus qu’actuellement (1,2 million) et plus de la moitié de la population du pays.

Dans le cas de Mühleberg, qui fermera définitivement ses portes en 2019, cela signifie qu’une partie importante de la Suisse romande sera désormais concernée. L’extension du périmètre inclut l’ensemble du Jura bernois et du canton du Jura, Ajoie comprise, la totalité du canton de Fribourg à l’exception de Semsales, Châtel-Saint-Denis, Les Paccots et la Haute-Gruyère, toute la Broye vaudoise à l’exception de la région Oron-Palézieux, le canton de Neuchâtel sauf la vallée de la Brévine et le Val-de-Travers, le Nord vaudois entre la frontière neuchâteloise et Grandson. Les villes de Neuchâtel, Moutier, Delémont et Porrentruy sont désormais incluses dans la zone de protection.

Coût: 30 millions

L’Office fédéral de la santé publique précise que la remise par la poste des pastilles protectrices débutera l’automne prochain. Chaque adulte et chaque enfant recevront une boîte de douze comprimés de 65 mg d’iodure de potassium. Leur durée de validité est de dix ans. L’opération coûte 30 millions de francs, soit bien davantage que les 6,5 millions qu’avait coûté le renouvellement des tablettes en 2004-2005. Les frais sont intégralement pris en charge par les exploitants des centrales nucléaires.

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