Le gouvernement cantonal zougois envisage de faciliter l'installation des étrangers sur son territoire, à condition qu'ils possèdent un revenu imposable d'au moins un million de francs et d'une fortune de 20 millions, relève le Tages-Anzeiger ce jeudi.   

Le gouvernement cantonal soumet au parlement un changement à la loi d'introduction de la loi fédérale sur les étrangers, dans le but de permettre aux expatriés d'obtenir un permis de séjour permanent (C), même s'ils ne maîtrisent pas les connaissances d'allemand requises. 

Objectif: éviter de voir de riches contribuables quitter le canton parce qu'ils ne souhaitent pas se plier aux cours d'allemand. Zoug justifie cette exception par le souci de «maintenir l'attractivité fiscale» du canton.

L'UDC et le PLR cantonaux, majoritaires au parlement, approuvent. Le PDC est divisé et la gauche s'y oppose. En revanche, l'UDC Suisse estime que cette proposition est «un signal problématique», dans la mesure où la maîtrise d'une langue nationale est un critère d'intégration important, relève le Tages-Anzeiger.

Aux yeux du professeur bernois Alberto Achermann, du Centre de droit des migrations de l'Université de Berne, cité par le quotidien alémanique, dispenser la catégorie d'étrangers la plus aisée de cette obligation enfreint non seulement la loi fédérale, mais contredit également le principe d'égalité inscrit dans la Constitution.