Les hooligans les plus virulents pourront bien être placés en garde à vue durant 24 heures lors de l'Euro 2008 à Zurich. Le Grand Conseil a adopté lundi une loi urgente qui permettra de prendre entre autres une telle mesure.

La révision de loi a été acceptée par 164 députés contre 2. Elle entrera en vigueur avec effet immédiat lundi prochain si le parlement l'accepte à une majorité des deux tiers en seconde lecture.

Cette révision est rendue nécessaire par la nouvelle loi fédérale instituant des mesures visant au maintien de la sûreté intérieure lors des manifestations sportives (LMSI). Même si le référendum était saisi, elle serait applicable durant l'Euro 2008.

Empêcher les déprédations

Les polices zurichoises pourront interdire aux hooligans connus certains périmètres. Elles pourront les obliger à se présenter à certaines heures au poste ou les placer en garde à vue durant 24 heures, afin de les empêcher de commettre des déprédations ou des violences dans le cadre de l'Euro 2008.

La loi urgente prévoit que les hooligans pourront immédiatement faire recours auprès d'un juge. A l'origine, le canton de Zurich avait prévu dans un règlement contre le hooliganisme qu'ils puissent faire recours d'abord auprès d'une autorité administrative.

Mais le Tribunal fédéral (TF) avait annulé ce règlement, car il estimait le contrôle judiciaire insuffisant. Toute personne arrêtée doit pouvoir recourir immédiatement auprès d'un juge ou d'un tribunal, avait dit Mon-Repos.

Genève aussi concerné

Le règlement adopté dans le canton de Genève (LT, 23 avril 2008) est également concerné par cet arrêt du TF. Le Conseil d'Etat se prononcera la semaine prochaine sur une adaptation, a indiqué à l'ATS Bernard Duport, secrétaire adjoint au Département des institutions.

A Genève, cependant, seule la garde à vue pourra être examinée par le Tribunal administratif. Mais sans automaticité et à la demande de la personne visée. Une réponse sera donnée dans les 24 heures. Ce règlement sera valable jusqu'à fin 2009, date à laquelle échoit la loi fédérale. Après cela une nouvelle base légale devra prendre le relais, a expliqué Bernard Duport.