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énergie

Zurich et Argovie retenus pour le stockage des déchets radioactifs

La Nagra a sélectionné deux sites sur les six étudiés. Mais le chemin est encore long

Les révoltes d’Ollon, qui avaient enflammé le Chablais dans les années 80, sont encore dans les mémoires. De nouvelles rébellions vont-elles se produire à Benken et Bözberg? Le premier village est le centre de la région viticole du Weinland zurichois. Le second est une commune argovienne située à l’est de la chaîne jurassienne.

En 1983, le Bois de la Glaive, à Ollon, avait été retenu comme site prioritaire pour l’accueil d’un dépôt d’entreposage souterrain des déchets faiblement à moyennement radioactifs. En 2015, le nord-est du canton de Zurich, autour de Benken, et la partie est du Jura, autour de Bözberg, sont sélectionnés par la Société coopérative pour le stockage des déchets radioactifs (Nagra). Ils entrent en ligne de compte aussi bien pour les résidus moyennement radioactifs que pour ceux qui sont hautement radioactifs.

«Nous proposons d’écarter les quatre autres sites de la suite de la procédure», a annoncé vendredi Thomas Ernst, directeur général de la Nagra. Trois de ces emplacements se situent entre les cantons de Soleure, Argovie, Zurich et Schaff­house. Le quatrième, le Wellenberg (NW), est également éliminé. C’est donc dans les cantons d’Argovie et de Zurich que les recherches de la caverne miraculeuse vont se poursuivre. Thomas Ernst assure que seuls les critères scientifiques et techniques ont dicté ce choix.

Graphiques à la clé, il a démontré que les deux périmètres retenus sont les seuls à respecter la totalité des critères en matière de sécurité. Ils offrent une superficie suffisante, l’imperméabilité des couches rocheuses et la résistance à l’érosion sont favorables, il est possible d’enfouir en profondeur les déchets nucléaires, tout plaide pour ces deux régions, détaille Thomas Ernst.

Les autorités locales sont cependant sceptiques. «Nous sommes très étonnés que, au stade actuel de la procédure, seuls deux sites restent encore en course», réagit le conseiller d’Etat zurichois Markus Kägi. Son collègue argovien Stephan Attiger, de même que les collectifs riverains de Benken et de Bözberg partagent sa surprise. Ils n’excluent pas que des critères politiques aient aussi joué un rôle.

D’une part, ils n’oublient pas que la population de Nidwald avait voté déjà deux fois contre l’entreposage de scories nucléaires au Wellenberg et que ceci explique peut-être cela. D’autre part, ils s’attendaient à ce que Zurich et Argovie soient retenus, puisque cinq des six emplacements étudiés touchaient ces deux cantons.

Ils se souviennent aussi que, en 2012, un document classé confidentiel avait filtré et que, à l’époque déjà, le Weinland et Bözberg tenaient la corde. Le géologue Marcos Buser, membre de la Commission fédérale de sécurité nucléaire (CSN) dont il démissionna, avait avoué être l’auteur de la fuite. Il voulait démontrer que les procédures de la Nagra manquaient de transparence et d’indépendance. L’Office fédéral de l’énergie (OFEN) a tenté de calmer le jeu. Il assure aujourd’hui encore que les six emplacements ont fait l’objet d’études préliminaires aussi détaillées les unes que les autres.

Markus Kägi ne perd cependant pas espoir. «Ce que la Nagra a présenté vendredi n’est ni plus ni moins qu’une proposition», nuance-t-il. La procédure est encore très longue. Le choix de la Nagra va être examiné par la CSN, les cantons et l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN). «Notre expertise va durer une année. Elle confirmera le choix de la Nagra ou aboutira à d’autres conclusions. Tous les sites seront analysés», annonce Michael Wieser, responsable de la gestion des déchets à l’IFSN.

Des informations à la population sont prévues en mars. Des carottages vont être effectués dans les deux périmètres sélectionnés. Une procédure de consultation de trois mois sera organisée en 2016. Le Conseil fédéral devrait entériner ou infirmer les deux options retenues par la Nagra en 2017. En cas de feu vert, des sondages plus poussés seront entrepris jusqu’en 2019. L’objectif est de faire un choix provisoire entre un seul lieu d’entreposage pour tous les types de résidus ou deux dépôts différents, l’un pour les déchets moyennement radioactifs et l’autre pour ceux qui sont hautement contaminés.

Il est prévu que les procédures d’autorisation et de travaux préparatoires se poursuivent encore pendant plusieurs années, pour une décision définitive du Conseil fédéral autour de 2027. En cas de référendum, un vote populaire aurait lieu vers 2029. Le dépôt souterrain ne sera pas achevé avant une vingtaine d’années. Pour autant qu’il se construise. Les antinucléaires feront barrage. Pour le conseiller national Christian van Singer (Verts/VD), l’enfouissement n’est pas une solution, car, considère-t-il, il se produit toujours des fuites radioactives. Il privilégie le maintien des déchets dans des dépôts surveillés.

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