Katja Weber est une artiste qui peint à coups de palettes en bois et de plantes vertes, de fanions et de guirlandes lumineuses. Avec pour toile de fond des espaces urbains sous-exploités, cette amoureuse de la vie redessine la ville de Zurich à sa façon. Huit ans après avoir cofondé le Frau Gerolds Garten, elle donne vie à un nouvel espace, le Frau Guggachs Gärtli. «Regarde ce bar en bois. Il y a trois jours, il n’existait pas», lance avec un franc sourire Katja Weber. La Zurichoise d’adoption a l’enthousiasme communicatif, de ceux qui permettent de métamorphoser une friche de 2000 mètres carrés en cinq semaines seulement. En un temps record, la jeune entrepreneuse et son équipe ont obtenu les autorisations d’animer le terrain de Guggach durant un petit mois.

Sur les hauteurs de la ville, le jardin de Mademoiselle Guggach sera donc éphémère, une étoile filante dans la vie nocturne zurichoise. C’est l’art de la Zwischennutzung, l’utilisation temporaire de lieux promis à d’autres destinées. «Ce projet est complètement irrationnel. Il n’a rien de rentable, surtout dans la période actuelle. Mais je tenais à apporter ma pierre à l’édifice. En créant ce pop-up, on donne du travail à de jeunes restaurateurs, on loue beaucoup de matériel et on crée un espace d’exposition pour les créateurs et designers indépendants», se réjouit l’optimiste de nature, qui a finalement réussi à convaincre ses associés de créer ce jardin urbain temporaire. A quelques heures de l’inauguration, on visse, on peint, on arrose, on accroche des guirlandes, on les enlève, on les suspend ailleurs, on cherche le plus bel effet. «Voir cette énergie collective faire surgir du néant un espace qui crée du lien social, c’est tout simplement magique», s’émerveille la jeune quadragénaire, qui n’en est pas à son coup d’essai.