Le visage politique du canton de Zurich a trois faces. Au schéma classique gauche-droite se sont ajoutées trois attitudes, avec des profils socio-démographiques différents. Celle, très conservative, restrictive en matière de politique extérieure, défendue par l'UDC, celle de la gauche progressive qui vote socialiste ou Vert et enfin celle des libéraux. Réticente à l'interventionnisme et surtout représentée par le PRD.

Un canton indicateur

Canton le plus peuplé de Suisse, Zurich reste un indicateur essentiel du paysage suisse, observe le politologue Peter Moser, à la tête d'une étude réalisée par le canton. Qui rappelle que c'est à Zurich que l'UDC a emprunté la pente ascendante pour devenir la principale force du pays. Et que c'est là aussi que le parti de Christoph Blocher, ayant déjà «atteint son zénith», a connu des faiblesses lors de l'élection cantonale de l'hiver dernier.

Principale observation: les radicaux se détachent de l'UDC et «le bloc bourgeois ne fonctionne plus». Le PRD a des votants bien formés et au bénéfice de revenus élevés; ce qui n'est pas le cas du côté de l'UDC. Pour arriver à ces conclusions, l'analyse s'est focalisée sur les dernières votations et élections fédérales et sur un questionnaire lancé fin 2003 auprès de 5891 citoyens.

A Zurich, où elle a gagné ses premières grandes batailles, l'UDC a abandonné dans les années 80 son image de représentant du monde paysan pour devenir une force «nationalkonservativ», relève l'étude. Passant de 15 à 33% de l'électorat entre 1987 et 2003, elle a gagné dans les communes confrontées à des problèmes économiques durant les années 90 et dans celles où l'homogénéité culturelle de la population a été revue.

Une métamorphose de l'électorat s'observe aussi chez les socialistes. «Aujourd'hui le travailleur classique dans le canton n'a souvent pas de passeport suisse.» Du coup, le PS a passé de parti des syndicats à celui de personnes au bénéfice d'une formation plus poussée.

Presque tous les autres cantons peuvent trouver leur alter ego dans celui de Zurich. Ceux à majorité urbaine, à l'image de Genève ou de Bâle, s'apparentent à la ville de Zurich. Les cantons de la Suisse centrale, conservateurs, rappellent la campagne zurichoise. L'étude met à l'écart le Valais, le Tessin et le Jura, sans accroche zurichoise, car plus enclins à des interventions de l'Etat.