Un patient zurichois ne va plus pouvoir jouir des mêmes prestations dans les hôpitaux, selon qu'il a souscrit une assurance maladie de base, ou complémentaire. L'écologiste Verena Diener, conseillère d'Etat en charge du Département de la santé publique, a présenté hier le deuxième volet des mesures d'économies touchant les soins hospitaliers. Contrairement au domaine psychiatrique, qui avait vu deux de ses institutions être fermées (ndlr: la Clinique de Hohenegg à Meilen et Wülflingen à Winterthour), de telles mesures structurelles, qui ont déjà eu lieu en 1998, ne sont pas à l'ordre du jour. Des 166 millions que les hôpitaux vont économiser sur quatre ans, la moitié va être obtenue par une réduction de la qualité des soins pour les assurés de base, et par une augmentation de l'efficacité de la gestion. Les médecins-chefs, qui ne vont pas pouvoir réduire leur temps de travail pendant cette période, contribuent pour un tiers à la réduction des coûts.

«Nous sommes le premier canton à thématiser publiquement la différence de traitement selon la couverture d'assurance, et à en tirer les conséquences pour l'organisation de notre système hospitalier», affirme Verena Diener. Le Département de la santé publique zurichois est en train de développer des standards de traitement hospitalier permettant de définir la qualité des soins auxquels ont droit ceux qui sont assurés au minimum légal. Et si celui-ci s'attaque, à court terme, à cette tâche sous la pression du programme d'assainissement des finances cantonales et des assureurs, qui ne sont plus prêts à payer une différence de traitement qui n'existe pas, cet exercice exprime aussi la volonté politique de se pencher sur la qualité des soins à assurer selon la couverture d'assurance.

Qualité des soins touchée

C'est que la survie à long terme des hôpitaux publics en dépend étroitement. Ils ne vont pouvoir survivre que s'ils offrent des prestations de qualité, à la fois aux assurés de base pour une utilisation optimale des installations, et aux assurés complémentaires, qui constituent les meilleures entrées d'argent.

Maintenant que ces standards sont très concrètement définis, ils s'expriment par la réduction de 208 postes de travail. La qualité des soins octroyés aux assurés de base est directement touchée, puisque ceux-ci vont devoir attendre plus longtemps avant qu'on réponde à leur appel. Le temps imparti à chaque patient, de même qu'aux membres de la famille, va être réduit. Une priorisation, et donc un échelonnement, des gestes médicaux préventifs va avoir lieu. Une nouvelle réglementation concernant le coût du confort hospitalier va être introduite, de sorte que cette classe de patients va devoir participer financièrement aux services rendant son séjour plus agréable.

Parallèlement aux économies apportées par une centralisation des achats et une unification des outils de travail, la gestion des hôpitaux va être améliorée par la définition de budgets de fonctionnement, et par une réflexion intercantonale sur la nécessité d'offrir partout l'ensemble des soins possibles. Mais la coopération s'annonce difficile, car les hôpitaux rechignent à externaliser une partie de leurs compétences. Les institutions dans les chiffres rouges vont devoir dans le futur, soit trouver d'autres sources de financement, comme les communes, soit fermer leurs portes. La maternité de la ville de Zurich, les hôpitaux de Kilchberg, d'Affoltern et de Männedorf sont sur la sellette.