Mobilité

Zurich met des bâtons dans les roues des vélos en libre service

La ville, devenue un terrain de prédilection pour les deux-roues en libre service, change de pratique. Les sociétés de location devront obtenir une autorisation et passer à la caisse

Bicyclettes, trottinettes électriques, e-scooters et vélos-cargos abondent dans les rues zurichoises. Attirées par l’absence de règlement dans la ville la plus peuplée de Suisse, les sociétés de location en libre service ont connu une expansion constante depuis l’été 2017. Dans ce type de système sans station fixe, l’usager localise un deux-roues par smartphone, puis le dépose où bon lui semble, une fois arrivé à destination. Mais la fin d’une exception zurichoise a sonné. La municipalité a décidé de changer sa pratique, comme elle l’a fait savoir dans un communiqué jeudi.

Dès le 1er avril, les sociétés de location exploitant plus de 30 véhicules devront obtenir une autorisation du département de sécurité de la ville et s’acquitter d’une taxe de 10 francs par mois et par deux-roues, et de 20 francs pour les plus gros engins. Le nouveau règlement précise aussi que les véhicules doivent être entretenus et en bon état de marche. De plus, s’ils sont mal stationnés, leurs propriétaires seront sommés de les évacuer dans les 24 heures.

Des véhicules «de plus en plus gros»

La municipalité justifie ce revirement par le risque d'«envahissement» de l’espace public, avec l’explosion du nombre de prestataires sur le marché. L’arrivée des premiers vélos en libre service par centaine avait pris les autorités par surprise en été 2017, et suscité l’agacement d’une partie des autres usagers de la route. Les images des vélos jaunes de la start-up asiatique oBike abandonnés au milieu des trottoirs ou de cadavres de deux-roues sortis du fond de la Limmat ont marqué les esprits.

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La ville tente désormais de reprendre le contrôle de son territoire avant les beaux jours. «L’objectif est d’éviter que la population ne soit lésée. Les passants sont particulièrement touchés par l’utilisation de l’espace public, surtout au centre», souligne le Département de la sécurité, dirigé par la Verte Karin Rykart. Après oBike (qui a entre-temps quitté Zurich), puis Lime Bike ou Smide, pour ne citer que quelques noms, de nouveaux acteurs ont fait leur apparition, avec des véhicules «de plus en plus gros», remarque encore la municipalité, citant notamment l’arrivée de tuk-tuks et de vélos-cargos.

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La nouvelle passe mal auprès des entreprises concernées. Cette taxe «manque sa cible, tord le marché et nuit à notre start-up», estime le cofondateur de la société Smide, Raoul Stöckle, dans le Tages-Anzeiger. Le prestataire s’offusque en particulier du fait que PubliBike, la société de location de vélos avec station fixe mandatée par la ville, soit exemptée de ces nouvelles conditions. Quant à l’association Pro Velo Zurich, elle s’oppose à ce qu’elle considère comme «taxe prohibitive». Des critiques relayées sur Twitter par le conseiller national vert zurichois Bastien Girod: «Je trouve incompréhensible que la mairie introduise une taxe forfaitaire sur les vélos de 120 francs par an et par vélo, simplement parce que la solution vient d’un prestataire privé.»

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